La première confrontation, ce fut à Berne, en match amical, le 1er juin 1925. La Suisse s’incline 3-0. L’article du Journal de Genève fait alors état d’une singulière disproportion de forces face à l’Espagne. Tandis que sa consœur la Gazette de Lausanne entonne un refrain souvent répété dans les décennies suivantes: «Remarquable exhibition des Espagnols; honnête démonstration des Suisses». Mais, questionne-t-elle, «qu’est-ce que notre pauvre tempérament à côté de celui qui anime l’action de nos hôtes?»

Deux des 18 rencontres ont eu lieu dans le cadre d’un Mondial de football. Le 15 juillet 1966 à Sheffield, les Helvètes perdent 2 à 1. Et le 2 juillet 1994 à Washington, rebelote après un bon parcours de l’équipe de Roy Hodgson aux Etats-Unis, celle des Geiger, Pascolo (photo), Hottiger, Herr, Quentin, Ohrel, Subiat, Sforza, Bregy, Bickel, Knup et autres Chapuisat: défaite de la Nati en huitième de finale, sur le score de 3 à 0. Mais Le Nouveau Quotidien garde sa bonne humeur: «Ils ont perdu mais ils sont contents. Qui ça? Les footballeurs suisses, pardi! Adieu l’Amérique, la belle aventure est terminée. Battue 3 à 0 par l’Espagne, l’équipe nationale regagne ses pénates la conscience tranquille.»

Parmi les pires résultats de l’histoire entre ces deux équipes, on note un très douloureux match amical perdu 6-3 à Madrid, le 18 février 1951, devant 80 000 spectateurs. La Gazette de Lausanne mit cependant du baume sur la blessure en écrivant que «surpris d’abord par la vitesse de leurs adversaires, nos représentants se sont bien repris». A Genève, une autre confrontation entre amis, le 26 mai 1984, se termine sur un score de 4 à 0 pour l’Espagne. Le Journal de Genève titre «Tempête espagnole aux Charmilles» et y voit une «sévère correction». Pourtant, sur onze Suisses en seconde mi-temps, note malicieusement le journaliste, il y avait sept Valaisans…