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Le FC Bâle, champion de Suisse pour la 7e fois consécutive, a tué le suspense à fin avril déjà. L’intérêt résiduel se situe dans la lutte contre la relégation entre Zurich, Lugano et Vaduz. Difficile à vendre, face au sprint final en Liga espagnol...
© GEORGIOS KEFALAS

Médias

Le football suisse n’a jamais été aussi convoité

Ils sont au moins trois, peut-être davantage, à vouloir acheter les droits TV des matches de Super League et de Challenge League. Alors que la qualité du produit n’a pas évolué, la demande pourrait à elle seule faire monter les prix

Le FC Bâle est officiellement champion depuis fin avril. Pour la 7e fois consécutive. En Super League, le suspense résiduel se trouve dans le bas du classement. Mais la lutte contre la relégation, entre Lugano, Vaduz et Zurich fait pâle figure, face à la course au titre en Liga espagnole, entre Barcelone, l’Atletico et le Real.

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En termes financiers, l’archi-domination bâloise ne sert pas le football suisse. Mais elle n’est pas le seul facteur qui explique les faibles prix payés par les chaînes pour le diffuser. Le niveau du spectacle est discutable. Pour le cycle qui s’achève avec la saison 2015/16, la Swiss Football League (SFL) encaissait 28 millions de francs par an de droits TV – dont seulement 400 000 pour les droits vendus à l’étranger. Elle redistribue 17,5 millions, de façon inégale, aux 10 clubs de Super League et aux 10 clubs de Challenge League.

Autant que la Roumanie et l’Islande

A titre comparatif, l’UEFA a calculé le rapport entre les droits TV du football et le nombre d’habitants de chaque pays d’Europe. La Suisse, avec un chiffre compris entre 1 et 2,50 euros, fait jeu égal avec l’Autriche, la Roumanie ou l’Islande. La France est à 8 euros, l’Allemagne à 7 et la Belgique à 5. Sans surprise, l’Angleterre domine largement, avec 35 euros par habitant.

La Suisse pourrait toutefois rattraper (un peu de) son retard. Les enchères pour la saison prochaine (et au moins les trois suivantes) sont ouvertes depuis le 26 avril et jusqu’au 20 mai. La SSR et Cinetrade (Telelclub), propriété de Swisscom, ont déjà fait connaître leur intérêt à conserver leur statut de seuls diffuseurs du foot suisse. Mais un nouveau joueur a fait son entrée: Suissedigital, l’association qui regroupe 200 câblo-opérateurs du pays, dont UPC Cablecom, concurrent direct de Swisscom dans la TV payante. D’autres diffuseurs pourraient-ils se manifester? Sunrise, un temps évoqué, a tout cas déclaré mercredi ne pas vouloir participer aux enchères. Trop cher, a justifié l’opérateur.

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Dans un communiqué, la SFL s’est en tout cas félicitée de l’intérêt manifesté par «de nombreuses maisons d’édition et de groupes de presse de Suisse et de l’étranger». «Il serait étonnant de ne pas réussir à obtenir une hausse des droits TV», a anticipé le président de la SFL, Heinrich Schifferle, dans la NZZ am Sonntag, alors que les clubs suisses réclament beaucoup plus, pour pouvoir rivaliser financièrement avec les pays voisins. «Il faudrait toucher au minimum 10 fois plus», a lancé Christian Constantin dans Le Matin, affirmant qu’en l’état, son club, le FC Sion, perd de l’argent chaque fois que ses matches sont télévisés.

En hausse dans toute l’Europe

A priori, les signaux sont au vert. Même si le produit n’a pas changé, «le constat est le même dans de nombreux pays: c’est la concurrence qui fait gonfler les prix», souligne Philippe Ducarroz, responsable de la rédaction romande de Teleclub. Dans de nombreux championnats, là où les paysages médiatico-sportifs sont en pleine évolution, le prix des droits est à la hausse. De 20% (Bundesliga), de 40% (Portugal), voire de 50% (Angleterre).

Cette hyperinflation des droits du foot européen n’a pas empêché Suissedigital d’entrer en conflit avec Swisscom, concernant la vente de matches à l’unité (suisses et étrangers), réservés pour l’instant aux seuls clients de l’opérateur historique. Le dossier est entre les mains de la Commission de la concurrence.

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