Cette fois, le football suisse fait bel et bien sa révolution. A l’occasion d’une assemblée générale extraordinaire, les 20 clubs de la Swiss Football League (SFL) ont entériné ce vendredi le projet de réforme qui leur était proposé. A compter de la saison 2023-2024, la Super League (première division) comptera 12 équipes au lieu de dix, et elles s’affronteront selon un mode de championnat totalement revisité, comprenant dans sa dernière partie un système proche des play-off bien connus des amateurs de hockey sur glace.

L’augmentation du nombre de formations paraissait acquise: elle a été acceptée à l'unanimité. Le changement de formule semblait beaucoup plus incertain au vu des différents avis exprimés ces dernières semaines par les dirigeants du pays. Il a pourtant été validé par seize voix sur vingt. En conférence de presse, les dirigeants de la SFL ont indiqué qu'ils abordaient le scrutin avec sérénité car tous les clubs avaient été entendus lors d'entretiens bilatéraux, avant les discussions en assemblée. Ils savaient donc à quoi s'en tenir.

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Qu'est-ce qui attend, à l'avenir, les 12 équipes de l’élite? Elles commenceront par s’affronter lors de matchs aller-retour (22 matchs), puis elles seront réparties en deux groupes au sein desquels on procédera à deux nouveaux tours complets (dix matchs). Ensuite, les deux premières du Championship Group se disputeront le titre national lors d’une série au meilleur des trois matchs, idem pour les deux dernières du Qualification Group afin de désigner la formation reléguée. Les huit clubs restants participeront à une sorte de tournoi avec, en jeu, la participation aux compétitions continentales.

Concrètement, cela signifie par exemple qu'une formation pourra terminer deuxième du classement avec 15 points de retard après 32 matchs et être sacrée championne. Et que le dixième de la «saison régulière» pourra encore accrocher l'Europe en réussissant son sprint final.

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En attendant, la saison prochaine se déroulera comme les précédentes, mais elle aura la fonction de transition vers la suite. Ainsi, à la fin de l’exercice 2022-2023, il n’y aura pas de relégation directe de la Super League vers la Challenge League. Seule la dernière équipe du classement de l’élite aura un barrage à jouer contre la troisième de deuxième division. Les deux premières, elles, seront promues (sous réserve de l’obtention de leur licence de jeu pour la catégorie supérieure).

Cinq changements: c’est définitif

Même système entre la Challenge League et la Promotion League (troisième division): pas de relégation automatique, un barrage dernier-troisième et deux promotions garanties. Ces ajustements permettront d’augmenter le nombre total d’équipes professionnelles de 20 à 22 en Swiss Football League. Cette modification doit toutefois être validée par l’Association suisse de football.

Le système actuel des deux premières divisions - quatre tours de championnat entre dix équipes soit 36 matchs - était en vigueur depuis 2003 et la création de la Swiss Football League. Depuis, il a subi très peu de modifications, les clubs se limitant à introduire ou supprimer le barrage promotion-relégation entre l'avant dernier de Super League et le premier de Challenge League. Ces dernières années, la formule a été régulièrement remise en question mais les différents projets de réforme avaient, jusq'ici, toujours été rejetés.

Deux autres décisions ont marqué l’assemblée générale de la SFL, ce vendredi. Suivant la proposition de l’International Football Association Board, garante des règles du jeu, les clubs ont définitivement adopté la possibilité de cinq remplacements, une mesure introduite pendant la pandémie. Par ailleurs, informe le communiqué de la SFL, «les délégués ont annulé une réduction, introduite il y a un an, du nombre de joueurs non formés localement sur la liste des contingents pour les matchs de Super League». Ainsi, 17 joueurs non formés localement sont toujours autorisés, contre les 13 qui avaient été envisagés dans le but de promouvoir la relève «maison».