Le football suisse prend des mesures pour limiter le nombre de matchs renvoyés en raison des contaminations au Covid-19 au sein des équipes. Jusqu’à maintenant, une formation dont six joueurs étaient indisponibles en raison du virus, qu’ils soient malades ou en quarantaine, pouvait demander le report d’une rencontre. Désormais, elle sera tenue de jouer tant qu’elle peut aligner 14 joueurs et deux gardiens d’une liste que chaque club va devoir transmettre à la Swiss Football League (SFL).

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Ce «contingent pandémique» doit comporter un minimum de 30 joueurs pour les pensionnaires de Super League, respectivement 25 pour ceux de Challenge League. Si leurs effectifs professionnels ne comptent pas autant de joueurs, ils doivent être complétés avec des noms de jeunes espoirs qui devront le cas échéant se substituer à des absences parmi les «grands». Les fameuses listes devront être établies dans un délai de quelques jours.

L’idée générale est de maximiser les chances qu’une équipe puisse continuer à jouer même si quelques-uns de ses joueurs sont touchés par le virus. Porte-parole de la SFL, Philippe Guggisberg souligne que le concept est inspiré à la fois des pratiques de l’UEFA lors des compétitions internationales et du championnat autrichien, notamment.

Décalages au classement

Ce changement de règlement a été adopté lors de l’assemblée générale de la SFL, qui s’est tenue à distance, avec le soutien de 19 des 20 clubs concernés. C’est que, depuis la reprise en septembre dernier, les contaminations et les mesures d’isolement qu’elles entraînent ont largement perturbé le déroulement des championnats. En Super League, seul le FC Saint-Gall (unique formation de l’élite à ne pas encore avoir été en quarantaine) a pu disputer ses huit premiers matchs comme prévu. Les autres n’en ont joué que sept, six ou même cinq dans le cas du FC Sion et de Servette, qui s’affrontent ce mercredi (18h15 à Tourbillon) pour un derby romand qui aurait dû avoir lieu le week-end des 24 et 25 octobre.

La situation n’est guère plus réjouissante en Challenge League, où seules les formations de Thoune et de Kriens ont été épargnées par les mesures d’isolement à ce jour. Ces équipes, ainsi que celle de Schaffhouse, ont déjà disputé dix rencontres… soit quatre de plus que le FC Winterthour!

En plus d’amener à s’interroger sur le plan de l’équité sportive, cette situation met une certaine pression sur les organismes des sportifs: leurs possibilités d’entraînement sont limitées lorsqu’ils sont placés en quarantaine, et une fois qu’ils en sortent, ils doivent non seulement reprendre le rythme mais aussi rattraper les matchs en retard.

L’exception thurgovienne

A force, il pourrait y avoir embouteillage. «Pour l’instant, nous avons encore suffisamment de dates de renvoi possibles, commente Philippe Guggisberg. Mais nous avons souhaité anticiper les problèmes qui pourraient se poser en fin de saison en trouvant un fonctionnement plus adapté. Nous avons contacté les clubs en amont de l’assemblée générale, et ils ont été convaincus par l’idée.»

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Le football n’est pas particulièrement le mauvais élève des sports collectifs d’élite dont les championnats se poursuivent malgré la situation sanitaire. En hockey sur glace, le CP Berne et l’EV Zoug ont tout récemment été placés en quarantaine – ils étaient les derniers à ne pas y être passés parmi les 12 que compte la National League. Et il n’y a plus que le HC Thurgovie en Swiss League (deuxième division) pour faire de la résistance. Les hockeyeurs sont habitués à jouer tous les trois jours? Ceux du Lausanne HC disputent ce mardi face à Fribourg-Gottéron leur première rencontre depuis trois semaines…

Pourquoi autant de contaminations dans les équipes sportives professionnelles? «Les protocoles sont stricts, mais les joueurs rentrent à la maison, ils voient leurs enfants qui vont à l’école et leurs familles, répond Philippe Guggisberg, de la Swiss Football League. Donc forcément, quand la situation sanitaire se dégrade dans le pays, comme cela a été le cas ces derniers temps, les équipes sont touchées elles aussi.»