«Soit immortelle, soit éternelle, la République islamique d’Iran.» Le 27 septembre, dans une banlieue du sud de Vienne, les dernières notes de l’hymne iranien résonnent dans le stade BSFZ-Arena, vide. L’Iran y affronte le Sénégal en amical et à huis clos, sur demande de la Fédération iranienne de football: une dizaine de jours plus tôt, Mahsa Amini, une jeune Kurde de 22 ans, est morte après avoir été arrêtée par la police des mœurs à Téhéran pour un hijab mal mis. Depuis, les manifestations ont gagné tout le pays et le régime les réprime, violemment. Alors que les dernières notes de l’hymne s’étouffent, 11 hommes en colère et en parka noire relèvent la tête. C’est la «Team Melli», l’équipe nationale de football iranienne, vingtième au classement FIFA, qui défie le régime des mollahs.