Terrorisme

Les footballeurs de l'OGC Nice, «sous le choc» à Divonne

Le club professionnel niçois et son entraîneur vaudois Lucien Favre sont en pleine préparation en France voisine. Ils ont vécu à distance le drame, qui a choqué l’ensemble du monde du sport

Les sportifs vivent-ils dans une bulle, flottant quelque part à l’écart des événements qui secouent le monde? Alors qu’un drame venait de se jouer sur la Promenade des Anglais, à Nice, ils ont rapidement montré que ce n’était pas le cas en multipliant les messages d’incompréhension et de soutien aux victimes sur les réseaux sociaux. Le principal club de football de la ville, l’OGC Nice, «touché au plus profond de sa chair», s’est rapidement manifesté avec un message sobre, après une «tragédie» qui laisse ses membres «sous le choc, horrifiés et révoltés». Le staff et les joueurs de la première équipe du Gym ont dû vivre ces moments douloureux à distance. Ils sont actuellement en stage de préparation à Divonne-les-Bains.

«Je n’ai pas été au courant des événements sur le moment, explique l’entraîneur vaudois Lucien Favre, qui a repris l’équipe cet été. C’est en me réveillant ce matin que j’ai reçu des tas de messages, pour me demander où j’étais, et mon épouse, et si nous allions bien. Alors, j’ai allumé ma tablette… Et c’était stupéfiant. On se pose tellement de questions dans ces moments.»

Certains joueurs, comme lui, n’ont appris les nouvelles qu’au réveil. D’autres avaient été mis au courant dès la nuit. Et tous avaient le même réflexe: appeler leurs proches. Ecrire des messages. S’assurer que tout va bien. Difficile de trouver le sommeil dans ces conditions. La nuit a été longue.

La vie doit continuer

A l’heure du rendez-vous matinal, l’ambiance était plutôt morose. Mais il faut que la vie continue. L’entraînement prévu quelques heures plus tard n’a pas été annulé. «Nous avons demandé aux joueurs s’ils avaient été personnellement touchés par le drame, précise Lucien Favre. Cela ne semblait pas être le cas.» Pour l’instant tout du moins. A Divonne-les-Bains comme ailleurs, les informations arrivent petit à petit. Mais l’OGC Nice tiendra son programme de préparation. Samedi, il y a match contre Servette à Divonne (18 heures).

Au-delà des footballeurs niçois, l’ensemble du monde sportif a réagi aux événements survenus au sud de la France en ce 14 juillet. Pour le Tour de France, il y avait même un enjeu logistique: fallait-il interrompre la course? Vendredi matin, le directeur Christian Prudhomme a rapidement annoncé que la 13e étape – un contre-la-montre – aurait lieu. Mais le caractère festif de l’épreuve était mis en berne. La caravane publicitaire est restée silencieuse. Une minute de silence a été observée au départ. Et la sécurité a été renforcée: 600 hommes étaient mobilisés entre Bourg-Saint-Andéol et la Caverne de Pont d’Arc, en Ardèche.

Coureurs désemparés

Entre la Grande Boucle et Nice, les liens sont forts. Chaque année, la société ASO organise non seulement le Tour de France mais également Paris-Nice, dont la dernière étape se termine sur la Promenade des Anglais. De nombreux coureurs français et étrangers avaient twitté, dans la nuit ou au matin, leur désarroi. Jusqu’à Lance Armstrong, se rappelant «ses années à vivre et à s’entraîner à Nice et sur la Côte d'Azur» et se déclarant «si triste de cette tragédie».

«Est-ce que cela s’arrêtera un jour?», se demandait de son côté le footballeur de l’équipe de France Moussa Sissoko, suivi par des messages de la star colombienne de l’AS Monaco Radamel Falcao et de nombreux clubs de football. Avec une formule qui revenait souvent: «Je pense à Nice.»

Publicité