Naomi Osaka a remporté samedi l’Open d’Australie en dominant assez nettement l’Américaine Jennifer Brady (6-4 6-3), dans une finale plutôt décevante. C’est le quatrième titre majeur en un peu plus de trois ans pour la Japonaise, déjà titrée à l’US Open (2018 et 2020) et ici à Melbourne (2019).

Invaincue en quatre finales, Naomi Osaka s’impose toujours plus comme la joueuse dominante de sa génération et la plus à même d’asseoir une hégémonie durable dans le tennis féminin, où les lauréates et les finalistes se sont multipliées depuis le déclin de Serena Williams (que l’on peut dater de son congé maternité, après l’Open d’Australie 2017).

Brady trahie par ses nerfs

Pas plus que les autres, Jennifer Brady n’a pu sérieusement contester la victoire à Osaka. Pour sa première participation à une finale de Grand Chelem, l’Américaine a été trahie par ses nerfs (31 fautes directes). Malgré ses progrès et son application (la voici désormais 13e joueuse mondiale), elle n’a pas le talent des meilleures.

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Longtemps équilibré, plus par un nombre égal d’erreurs de part et d’autre du filet que par la féroce empoignade que l’on pouvait attendre, le match bascula à 5-4 40-A en faveur d’Osaka sur le service de Brady. L’Américaine fut d’abord surprise de voir son excellente attaque lui revenir et, avec un peu de réussite, rebondir sur la ligne de fond de court. Sur le point suivant, devenu une balle de set à sauver, ses nerfs la trahirent au moment d’exécuter un coup droit facile qu’elle envoya dans la bande du filet.

Dès lors, Osaka se décontracta, servit un peu mieux, réussit le break sur son premier jeu de retour et conserva assez facilement son avance jusqu’à la balle de match, un point là encore sans grande émotion. La Japonaise, qui avait déjà été expéditive en demi-finale contre Serena Williams, n’a finalement été en difficulté qu’en quart de finale, où elle dut sauver deux balles de match avant de venir à bout de l’Espagnole Garbiñe Muguruza. Sans démériter, Jennifer Brady avait eu un parcours bien plus facile, n’affrontant dans sa partie de tableau aucune joueuse du top 20.

Pas loin de Martina Hingis

«C’était ma première finale, il n’est pas facile d’être en face d’une joueuse comme Naomi, mais j’espère que j’aurai d’autres occasions à l’avenir», déclara Jennifer Brady, guère plus inspirée au moment des discours. Ce passage obligé montra par opposition combien Naomi Osaka était à l’aise dans ce rôle de personnalité publique en vue. «Lorsque j’ai gagné l’US Open il y a quelques mois, le stade était vide. Je suis heureuse et reconnaissante que vous nous ayez ouvert votre porte et vos cœurs», lança-t-elle à l’attention du public, revenu depuis jeudi à la Rod Laver Arena après cinq jours de huis clos sanitaire.

Avec quatre titres majeurs à son palmarès (sur ses huit dernières participations), Naomi Osaka rejoint au nombre de victoires une joueuse comme Kim Clijsters et se rapproche de Martina Hingis ou Maria Sharapova (cinq titres). Même si elle ne sera que deuxième lundi au classement de la WTA, toujours dominé par l’Australienne Ashleigh Barty, elle en est désormais l’incontestable figure de proue, sur et en dehors des courts. A seulement 23 ans.

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