Cette fois, la victoire de Mika Hakkinen ne souffre pas la moindre discussion. Le Finlandais a mené le Grand prix du Brésil de bout en bout. Il n'a pas eu le moindre remerciement a formuler à sa descente de voiture , à un adversaire généreux comme lors du Grand Prix Europeen de 1997, ou à un co-équipier gentelman comme il y a trois semaines en Australie. Se tenant à l'écart des polémiques concernant le système de freinage utilisé par son écurie - finalement interdit par les commissaires - Hakkinen est resté concentré sur son sujet. Il avait bien noté que les autorités sportives ne tolèreraient pas une nouvelle course d'équipe trop flagrante, alors il s'est appliqué à être celui qui se jetterai en tête dans le premier virage. C'était l'unique moyen pour lui de se mettre hors de portée de Coulthard.

Après une courte accélération à l'extinction des feux rouges, le passage sans encombre des premières difficultés, le Finlandais a compris que cette deuxième course de la saison se résumerait à un duel avec son équipier. Après un seul tour couvert, les duettistes de chez Mc Laren ont déjà l'impression d'être seuls au monde. Comme aux essais, la Williams de Frentzen fait mine de s'accrocher à ce bon wagon, mais ce n'est qu'une illusion. Les flèches d'argent ne foncent pas elles survolent les débats. Hakkinen et Coulthard ont pour unique challenge de se départager.

seuls un incident ou une défailllance mécanique pourraient les priver d'un nouveau succès. A moins que le suspense artificiel des arrêts au stand apporte la dose d'imprévus que Ron Dennis, patron de Mc Laren, redoute tellement. A force de soigner le détail, le manager anglais a toujours le sentiment d'avoir oublié celui qui enrayera la belle mécanique de son organisation. Dennis n'a peut-être pas tort, le Grand Prix d'Australie ayant démontré que l'écurie Mc Laren n'est pas infaillible dans ce domaine Mais hier, au Brésil, rien de fâcheux n'a ralenti le duo Hakkinen-Coulthard.

Le Finlandais a joué son rôle de lièvre sans faillir. Accumulant des dizaines de meilleurs tours pour finalement mettre Coulthard à une distance respectable et ainsi voir venir le moment des ravitaillements avec une belle sérénité. Mieux, l'écurie McLaren-Mercedes s'est même payé le luxe de n'observer qu'un ravitaillement démontrant au passage la formidable efficacité et constance des pneus japonais Bridgestone qu'elle utilise désormais.

Une fois cette formalité effacée sans dommage, Mika Hakkinen a repris son train de sénateur un peu pressé, décourageant le semblant de réaction de David Coulthard en fin de course. Si Mika Hakkinen n'avait pas franchement ralenti en vue de la ligne d'arrivée, c'est avec une avance de plus de 4 secondes qu'il aurait remporté cette course.

Derrière les deux McLaren-Mercedes, pourtant dépourvues d'un système de freinage directionnel que l'on présentait comme miracle, les autres concurrents n'ont quasiment pas existés. Michael Schumacher, troisième sur sa Ferrari en progrès, et Alexander Wurz, dans son sillage, ont beaucoup donné pour ne pas subir l'affront de terminer à un tour des vainqueurs. Le champion du monde Jacques Villeneuve, encore un peu plus écoeuré qu'en Australie, n'a cette fois pas eu l'infime consolation de se classer dans les points, il termine septième. Seul son équipier Heinz Harald Frentzen limite les dégats pour l'écurie championne du monde en se classant cinquième, se maintenant ainsi à la troisième place du championnat du monde des conducteurs.

Pourtant les adversaires des McLaren entretiennent leur moral comme ils peuvent en jurant que les cartons de leurs ingénieurs débordent de trouvailles qui devraient leur permettre de venir à bout des intouchables monoplaces de l'écurie britannique..