Le français sera réduit à la portion congrue pour les Jeux olympiques. Le comité organisateur peine à trouver des volontaires maîtrisant la langue de Molière. Moins de 15% des 25 000 bénévoles parleront le français. Le Covan promet que ces derniers seront placés dans des endroits stratégiques, aisément reconnaissables à leur étiquette «Bonjour». Le commissaire aux langues officielles du Canada, Graham Fraser, s’est plusieurs fois emporté contre ses compatriotes anglophones: «Les deux langues officielles des JO sont le français et l’anglais… La tendance au Canada anglais est de croire qu’il ne s’agit que d’un symbole. Ce n’est pas vrai. C’est une question de service (public).»

La langue, objet de lutte

Malgré les nombreux voyages d’étude des deux observateurs étrangers de la francophonie pour ces JO, Pascal Couchepin et Jean-Pierre Raffarin, Vancouver 2010 ne sera pas vraiment bilingue. Après tout, le bilinguisme est l’un des mythes les mieux conservés du Canada. Selon l’institut national Statistique Canada, seuls 7,5% des anglophones ont déclaré être bilingues lors du recensement de 2006. Les chiffres sur la langue ont toujours été sujets à caution. Chose certaine, la langue a été l’objet de toutes les luttes politiques canadiennes et s’adresser directement en français à un Albertain ou à un Britanno-Colombien ne favorise pas le rapprochement des peuples.

Délégués anglophones

L’Ouest canadien déteste le Québec, toujours soupçonné de séparatisme et de vouloir profiter du reste du pays. Toujours selon Statistique Canada, seules 26 000 personnes ont pour langue maternelle le français à Vancouver. Les autres sont nées avec l’anglais pour langue maternelle ou avec un autre idiome. Dans un hors-série sur Vancouver 2010, le magazine québécois L’Actualité tance la ministre de la Francophonie de Colombie-Britannique, Naomi Yamamoto, dont le français est approximatif. Après tout, le premier secrétaire d’Etat à la francophonie nommé par le premier ministre Stephen Harper en 2006, Ted Menzies, était un agriculteur unilingue anglophone de l’Alberta!