L’équipe suisse d’Ottmar Hitzfeld a rudement bien fait de se qualifier directement pour le tour final de la Coupe du monde 2010 et d’éviter ainsi les barrages entre les deuxièmes des huit groupes européens à six équipes (le 9e n’en comptait que cinq). Si la Nati s’était retrouvée à la place de la Grèce, 2e de son groupe éliminatoire, elle aurait tiré l’Ukraine de Shevchenko et Cie. C’est-à-dire la sélection qui avait bouté la Suisse hors du Mondial 2006 allemand, en 8e de finale, à l’issue d’un triste 0-0 et après que les Helvètes eurent raté trois tirs de penalties…

Les quatre chocs «choisis» lundi à 14h, dans les locaux zurichois de la FIFA, par l’international sud-africain Steven Pienaar (Everton), sont donc: Eire – France, Portugal – Bosnie-Herzégovine, Grèce – Ukraine et Russie – Slovénie. Ces matches en format aller-retour se disputeront les 14 et 18 novembre.

Quatre têtes de série avaient désignées en s’appuyant sur le dernier classement FIFA du 16 octobre: la France (9e), le Portugal (10e), la Russie (12e) et la Grèce (16e). L’Ukraine (22e), l’Eire (34e), la Bosnie (42e) et la Slovénie (49e) figuraient dans le second chapeau.

Les Bleus de Raymond Domenech s’inscrivent ainsi comme les uniques têtes de série à posséder l’avantage de jouer leur match retour à domicile. Ils partiront favoris contre la sélection coachée par le vétéran italien Giovanni Trapattoni, qui ne compte guère d’éléments de valeur à part le gardien Shane Given (Manchester City) et l’attaquant Robbie Keane (Tottenham). Attention, toutefois, au légendaire «fighting spirit» irlandais.

Large favori lui aussi, le Portugal de Cristiano Ronaldo ne commettra pas l’erreur de sous-estimer la Bosnie de Miroslav Blazevic, lequel avait emmené la Croatie à la 3e place du Mondial 98 en France, et que les Suisses (Lausanne-Sport, Grasshopper) connaissent bien. La Bosnie a éliminé la Turquie, demi-finaliste de l’Euro 2008, en terminant derrière l’Espagne, championne d’Europe, dans la poule 5. La force de frappe bosniaque constituée par les buteurs Dzeko (coéquipier de Diego Benaglio à Wolfsburg) et Ibisevic (Hoffenheim) pourrait poser problème aux Lusitaniens.

Si l’on ne voit pas – à tort? – les surprenants Slovènes contrecarrer les plans de victoire de la troupe russe emmenée par l’entraîneur néerlandais Guus Hiddink, l’ultime barrage entre Hellènes et Ukrainiens promet un duel serré. Otto Rehhagel, le mage germanique de l’Acropole, contre Alexeï Mikhaïlitchenko, ex-star du Dynamo Kiev, les paris sont ouverts. Encore une fois, la Suisse dit «ouf!»