- 1958, Stockholm Pelé prend le pouvoirLe tournoi marque l'apparition sur la scène du football d'un inconnu de 17 ans, du nom d'Edson Arantes do Nascimento, dit Pelé. En demi-finale, il fait la différence contre les Français à lui tout seul, en inscrivant trois buts en vingt-trois minutes, après que ses collègues Vava (2e minute) et Didi (38e) ont déjà trouvé le chemin des filets adverses en première période. Les Bleus de Raymond Kopa et Just Fontaine peinent à suivre le rythme. Ils inscrivent tout de même deux buts à Gilmar, toujours considéré comme le meilleur portier brésilien de tous les temps. A la mi-temps, les Français tiennent encore le choc. Mais ils sont réduits à dix depuis la dernière demi-heure de jeu après la sortie sur blessure du défenseur Robert Jonquet - à l'époque on ne remplace pas les joueurs blessés.

Devant cinq millions de téléspectateurs, les auriverde décrochent finalement (5-2) leur billet pour la finale de Stockholm, au cours de laquelle ils battront les Suédois, sur le même score - premier de leurs cinq sacres mondiaux. Lot de consolation, l'«attaque mitraillette» des Bleus permet à Just Fontaine de marquer 13 buts pendant le tournoi, record qui tient toujours.

- 1986, Guadalajara Un quart au sommet

Demi-finaliste en 1982 (l'épopée de Séville), la France, qui vient de remporter l'Euro 2004 à domicile, figure parmi les grands favoris du Mundial mexicain.

Elle sort l'Italie en huitièmes et se présente face au Brésil en quarts avec une arme redoutable, le «carré magique» du milieu de terrain: Platini-Giresse-Tigana-Fernandez. Les Brésiliens ouvrent le score comme à la parade à la 18e par Careca, après un mouvement collectif sublime et une lumineuse ouverture de l'ailier Eder.

Le stade de Jalisco, jaune et vert, explose. Mais les Bleus de Henri Michel ne sont pas battus. Le rythme du match devient intense. Le ballon ne quitte jamais la surface de jeu, et les 22 joueurs semblent habités par le génie du mouvement. Le spectacle est si beau que nombreux sont ceux, vingt ans après, qui considèrent toujours cette partie comme une des plus belles de l'histoire du ballon rond. Egalisation de Platini à quatre minutes de la pause, sur un centre de Rocheteau manqué par Stopyra. Ce sera le 41e et dernier but en bleu de «Platoche».

En seconde mi-temps, les deux équipes sont toujours aussi dynamiques, mais ne parviennent plus à marquer: Zico, le «Pelé blanc» voit son penalty repoussé par Joël Bats (73e). Jusqu'à la dernière minute, la balle circule d'un bout à l'autre du terrain. En vain. Séance de tirs au but. Platini met le sien au dessus. Socrates et Julio Cesar craquent également. Fernandez ne rate pas le sien, décisif. La France passe en demi-finales (4 tirs au but à 3). Mais elle échoue à nouveau sur l'os allemand.

- 1998, Paris Zizou sur l'Arc de Triomphe

En finale, les Bleus défient le tenant du titre - quatre ans auparavant, la Seleçao s'est imposée face à l'Italie aux tirs au but, lors de la World Cup aux Etats-Unis.

Avant le match, les bookmakers évaluent les chances des deux équipes à 50/50. Contre toute attente, la France atomise pourtant la bande à Dunga. Les troupes de Mario Zagallo tombent de haut. Deux cornes, deux têtes de Zidane à bout portant. A la pause, les Bleus ont deux buts d'avance.

La pression brésilienne se fait plus forte en seconde période, mais elle ouvre des espaces. Dans les dernières minutes, Dugarry offre un ballon de contre à Petit. Grande chevauchée: «Et un, et deux, et trois... zéro!»