La station bernoise de Wengen accueille trois épreuves de Coupe du monde masculine d'aujourd'hui à dimanche: une descente ce vendredi (à 12 h 30, en remplacement de celle annulée à Bormio), la traditionnelle descente du Lauberhorn demain samedi (à 12 h 30) et un slalom dimanche (à 10 h 15 et 13 h 15).

Fortes accélérations

Même s'il a perdu progressivement un peu de son caractère pour des raisons de sécurité – virages rajoutés à la hauteur du Trou des Autrichiens, bosse de la Tête de Chien rabotée et tronçon entre le tunnel et la Bosse à Minsch transformé en super-G – le Lauberhorn n'en demeure pas moins l'une des descentes mythiques du Cirque blanc. Comme le sont aussi la Streif de Kitzbühel et la Kreuzeck de Garmisch-Partenkirchen. Il n'y a pas si longtemps que cela, l'ancien descendeur français Luc Alphand, estimait que «le Lauberhorn est une piste impressionnante». Une vision partagée par son compatriote Franck Piccard, également retraité: «Je ne connais personne qui aborde la Tête de Chien et d'autres passages impressionnants du tracé bernois sans une certaine appréhension. Cette piste propose de grosses accélérations. Il faut souvent être à la limite. Pour moi, c'est la plus belle des descentes.»

Eviter les accidents

Il faut cependant constater que les avis sont assez partagés quant au Lauberhorn actuel. L'Autrichien Werner Franz ne l'«aime pas du tout». Son compatriote Stephan Eberharter estime quant à lui que «lorsqu'on est bon, on l'est partout, que la piste ressemble plus à un super-G – comme c'est le cas du Lauberhorn aujourd'hui – ou non». Quant à Didier Cuche, il juge que «la piste a été dénaturée ces dernières années, et que cela est bien triste. Mais je l'aime quand même».

S'ils ont sensiblement modifié le tracé bernois au fil des ans, les organisateurs l'ont fait sous la pression de la Fédération internationale de ski (FIS), soucieuse d'éviter tout accident. Surtout depuis que l'Autrichien Gernot Reinstadler (au Lauberhorn, en 1991), puis l'Allemande Ulrike Maier (à Garmisch, en 1994), ont perdu la vie.

Au pied de l'Eiger, du Mönch et de la Jungfrau, dans un décor majestueux, le Lauberhorn, la plus longue piste du circuit avec ses 4260 mètres et plus de 1028 de dénivellation sur laquelle le descendeur se sent encore plus petit qu'ailleurs, attend les héros qui contribuent, année après année, à forger sa légende.