Drôle de finale. D'un côté, les Français, soudés, potes sur le court comme dans la vie. De l'autre, une équipe russe – enfin un tandem – qui se dit bonjour du bout des lèves, par politesse. Rien, pourtant, ne sera facile pour les joueurs de Guy Forget. Car si Marat Safin et Evgueni Kafelnikov ne s'apprécient guère – «Il a sa vie, j'ai la mienne», dit le premier –, ils savent faire la part des choses sur le court. «Côte à côte, on donnera le maximum, assène Safin. Pour nous-mêmes et pour apporter une première Coupe Davis à la Russie.»

Ce vendredi, sur la terre battue du Palais Omnisports de Paris-Bercy, le premier simple mettra aux prises Safin à Paul-Henri Mathieu, finalement préféré à Arnaud Clément par Guy Forget. Le second duel opposera Evgueni Kafelnikov au numéro 1 français, Sébastien Grosjean. Des rencontres indécises qui pourraient s'éterniser et coûter de précieuses forces aux Russes, lesquels défieront la paire Fabrice Santoro/Nicolas Escudé lors du double samedi après-midi.

La capacité des frères ennemis à gérer la répétition des matches sur l'ocre parisienne sera d'ailleurs l'une des clés de cette finale 2002, qui se terminera dimanche par les rencontres Safin – Grosjean et Kafelnikov – Mathieu. Un ultime duel que le droitier de Sochi rêve de remporter en offrant du même coup le Saladier d'Argent à son pays. Car il l'a promis: la Coupe Davis en poche, il mettra un terme à sa carrière. A 28 ans.