Lorsque l’écurie Renault revient en F1, en 2002, Flavio Briatore préside à ses destinées avec une poigne terrible, écartant sans ménagement ceux qui le gênent, de manière impunie et avec la bénédiction de Bernie Ecclestone, un ami de longue date.

Du moins était-ce le cas jusqu’au week-end dernier. A Monza, le monde de Briatore a basculé. Dans le paddock, la rumeur voulait qu’il se soit fâché avec Bernie Ecclestone au sujet de leur club de football commun. On savait par ail­leurs, depuis quelques mois, que l’Italien était la cible de Max Mosley, le président de la FIA, pour avoir mené la cabale du championnat «parallèle».

Dans l’histoire de la F1, le tandem Mosley-Ecclestone est toujours parvenu à ses fins, et les observateurs savaient donc les jours de Flavio Briatore comptés. Même si, à Monza, dimanche dernier, l’Italien affichait encore son mépris habituel, rejetant toute accusation de tricherie et affirmant poursuivre la famille Piquet pour diffamation.

C’est hier que tout a basculé. Flavio Briatore a été chassé sans ménagement. Désormais, l’écurie Renault n’espère plus que sauver sa tête lors de la réunion du Conseil mondial, mercredi prochain.

Heureusement pour l’équipe française, le tandem Mosley-Ecclestone voulait la tête de Briatore, pas la sienne. Le responsable du crime de Singapour désormais écarté, il est permis de penser que la condamnation de l’écurie, mercredi, s’assortira d’un sursis sauvant sa place en F1.

Flavio Briatore pourrait ainsi n’avoir été qu’un fusible, celui que tout le monde voulait voir sauter. Et celui qui avait oublié qu’il ne faut jamais s’opposer à Bernie Ecclestone. Au jeu de la F1, il gagne toujours.