Les absences – programmée – de Martina Hingis et – déroutante – de Patty Schnyder pour la rencontre entre l'équipe de Suisse et celle de Slovaquie, ce week-end au Saalsporthalle de Zurich, risquent de ternir les couleurs de la fête, d'atténuer les espoirs de la victoire. Pour la fête, c'est dommage. Pour la victoire, moins important. Avec la nouvelle formule de la Fed Cup, la Suisse a déjà en poche son ticket pour la compétition de l'an 2000. Emmanuelle Gagliardi (WTA 92) et Caecilia Charbonnier (WTA 466), les deux sélectionnées, vont tout donner face à Henrieta Nagyova (WTA 23) et Karina Habsudova (WTA 55), pour la gloire et parce que l'ambiance au sein du groupe suisse est excellente. Voilà pour l'aspect affectif.

Au plan comptable, les matches de samedi et de dimanche ne rapporteront en revanche aucun bénéfice: «On va même perdre de l'argent, explique René Stammbach, le président du comité de la Fed Cup. A l'exception de rencontres comme la demi-finale de Sion ou, mieux, la finale de Genève, ce genre d'événement n'a pas un rendement financier suffisant. Avec la nouvelle formule de la Fed Cup, tout va changer.»

Le nouveau concept comprend maints avantages, mais aussi des inconvénients. La Fédération internationale de tennis a opté la semaine dernière pour une formule novatrice qui consiste à réunir dans le groupe mondial non plus huit équipes, mais douze, plus l'équipe gagnante de l'édition 1999. Au premier tour, les douze formations seront réparties en trois groupes de quatre. Chaque équipe aura donc trois rencontres à jouer, sur l'espace d'une semaine et dans la même ville, les vainqueurs de ces poules seront qualifiés pour les demi-finales: «Les nations qui ne seront pas organisatrices vont perdre la possibilité d'accueillir les autres équipes, reprend René Stammbach. Ne plus jouer à domicile implique de ne plus pouvoir choisir la surface de jeu, généralement la plus pénalisante pour l'équipe adverse. Je pense qu'il s'agit d'une perte par rapport à l'ancien système. C'est le revers de la médaille.»

A part cet inconvénient, René Stammbach est très optimiste. Il imagine les salles noires de monde, une ambiance aux couleurs de plusieurs nations, un souffle nouveau pour la Fed Cup: «Toutes ces joueuses réunies pendant une semaine, c'est une occasion de séduire le public, de retrouver peut-être une ambiance aussi magique que celle de la demi-finale entre la Suisse et la France à Sion ou celle de la finale entre la Suisse et l'Espagne à Genève. C'est le grand atout de cette formule.»

René Stammbach n'est pas le seul à se réjouir. A ses côtés, Heinz Schurtemberger, de l'agence de marketing sportif IFL, ne cache pas sa joie: «La fédération internationale nous a choisi comme partenaire. Nous nous occupons du marketing, nous travaillons avec les télévisions et les sponsors. La formule permet de mieux s'organiser à l'avance, de trouver des sponsors pour mettre des couleurs dans les salles. Ici, à Zurich, il n'y en a pas.»

Retour effectivement à Zurich où l'équipe de Suisse ne risque rien d'autre qu'une défaite, honorable compte tenu de l'absence de ses deux meilleures joueuses. En effet, il n'y aura pas de relégué cette année dans le groupe mondial, les huit équipes étant qualifiées pour la Fed Cup 2000. Un poids en moins. Mais aussi, ici comme ailleurs, beaucoup de stars en moins. Martina Hingis, Patty Schnyder, les sœurs Williams, Mary Pierce, Arantxa Sanchez, Conchita Martinez ou encore Anna Kournikova, manquent à l'appel. Que se passe-t-il? La plupart ont déclaré forfait en raison d'un programme surchargé. D'autres, telles Mary Pierce ou Anna Kournikova, ont renoncé à cause de différends avec leur fédération. Dans un sens, Patty Schnyder aussi. A la nuance qu'elle s'est désistée deux jours avant le début de la Fed Cup. Un engagement qu'elle n'a pas respecté, une rupture de contrat qui ne portera pas à conséquence: «Aucune sanction ne sera prise contre Patty Schnyder, explique René Stammbach. Pas d'amende ou de réparation. En revanche, j'espère que notre décision de l'exclure de l'équipe résonnera pour Patty comme une leçon. Et qu'elle la comprendra.»