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Le trophée tant convoité sera attribué pour quatre ans le 15 juillet 2018.
© Kevin C. Cox/Getty Images ©

Statistiques

Comment gagner une Coupe du monde?

Même si le football reste le plus aléatoire des sports, il y a assez peu de hasard en Coupe du monde

La 21e Coupe du monde de l’histoire s’ouvre ce jeudi en Russie.

Alors que la compétition débute à peine en Russie, les regards se tournent déjà vers l'avenir:

 

L’étude statistique des vingt premières éditions de la Coupe du monde permet de dégager des tendances. A lire avant de remplir votre feuille de pronostics.

Jouer à la maison ne suffit plus

Organiser la Coupe du monde a longtemps été un atout de poids. L’avantage du terrain (deux semaines de bateau depuis l’Europe pour rejoindre l’Uruguay, organisateur – et vainqueur – en 1930 de la première édition face au voisin argentin), mais aussi du public et, ne le cachons pas, de l’arbitre, a longtemps pesé sur le résultat.

Jusqu’en 1978, le pays organisateur gagne cinq fois sur onze et atteint deux fois la finale. Depuis 1982, seule la France en 1998 a gagné «sa» Coupe du monde et aucun autre pays organisateur ne s’est hissé en finale. La Russie ne devrait pas inverser cette tendance.

Miser sur la défense plutôt que sur l’attaque

Les attaquants font gagner des matchs, mais les défenseurs font gagner des titres. Les équipes vainqueurs possèdent toujours une très bonne défense, sinon la meilleure défense du tournoi. Ce qui explique des tactiques souvent défensives. En 2010, l’Espagne, pourtant réputée pour la qualité technique de ses joueurs, a gagné avec le plus faible total de buts marqués pour un pays vainqueur (8) mais aussi avec la défense la moins perméable (2 buts encaissés). Seule l’équipe de Suisse de 2006 a réussi à ne pas encaisser le moindre but et à pourtant être éliminée prématurément (8e de finale).

Jouer la préférence nationale

Aucune équipe n’a jamais gagné la Coupe du monde avec un entraîneur étranger. Peut-être parce qu’une équipe nationale a besoin d’une identité de jeu cohérente, peut-être aussi parce que la pratique est peu usitée dans les grands pays de football. Des 11 pays présents en Russie avec un sélectionneur étranger, seule la Belgique (dirigée par l’Espagnol Roberto Martinez) figure parmi les potentiels vainqueurs. L’Argentine est le pays qui fournit le plus de sélectionneurs: ils sont cinq en Russie.

Il y a 32 pays en Russie, il y en aura peut-être 48 dans quatre ans au Qatar, mais la lutte pour le trophée ne concerne qu’un petit cercle de pays

L’avoir déjà remportée…

Il y a 32 pays en Russie, il y en aura peut-être 48 dans quatre ans au Qatar, mais la lutte pour le trophée ne concerne qu’un petit cercle de pays. Sur les 211 associations nationales reconnues par la FIFA, huit seulement figurent au palmarès, 12 ont joué une finale et 24 une demi-finale. La finale de l’édition 2010 (Espagne – Pays-Bas) était la première sans au moins un pays déjà titré depuis 1958 (Brésil – Suède) et la seule de l’histoire sans aucun membre du «Big Four»: Brésil, Argentine, Allemagne, Italie.

… mais ne pas être tenant du titre

Depuis le Brésil en 1958 et 1962, aucun pays n’est parvenu à conserver son titre. Un doublé seulement réalisé précédemment par l’Italie en 1934 et 1938. Le Brésil a échoué en finale en 1998 après avoir gagné en 1994. En 1986 et 1990, la finale a opposé deux fois de suite les mêmes équipes (Argentine et Allemagne) mais avec des résultats inversés. En 2002 (France), 2010 (Italie) et 2014 (Espagne), le tenant du titre a même été éliminé au premier tour.

Mieux vaut être riche et bien portant

Seules deux confédérations (la FIFA en compte six) ont remporté la Coupe du monde: l’Amérique du Sud (9 fois) et l’Europe (11). Longtemps, l’alternance a été respectée, chacun étant maître chez soi, à l’exception du Brésil, vainqueur en Suède en 1958. Depuis la «mondialisation du Mondial», organisé aux Etats-Unis en 1994, en Corée du Sud et au Japon en 2002, en Afrique du Sud en 2010, la nouvelle géopolitique du foot profite toujours plus aux pays européens, vainqueurs des trois dernières éditions. Durant cette période, l’Amérique du Sud n’a placé qu'une équipe en finale (l'Argentine en 2014). La corrélation entre le PIB d’un pays et ses performances devient de plus en plus forte. La Corée du Sud est parvenue en demi-finale en 2002 (seule présence asiatique à ce stade), ce qu’aucune équipe africaine n’est encore parvenue à faire. La petite Islande arrive à monter une équipe compétitive avec une centaine de joueurs professionnels. Un contre-exemple flagrant à cette théorie: l’absence des Etats-Unis, éliminés par le Costa Rica, le Panama et le Honduras.


A lire: «Opta, Coupe du monde». Par Kevin Jeffries et Loïc Moreau, Solar éditions, 2018.

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