«Nous garantissons l'avenir du Tour de Romandie pour dix ans»et la France

Le président de l'Union cycliste internationale (UCI) détaille la démarche qui a conduit son organisation à créer la Fondation Arc-en-ciel.

Le Temps: A qui appartient le Tour de Romandie?

Hein Verbruggen: La Fondation pour le cyclisme romand (FCR) en est le propriétaire. Elle le sera toujours. L'année passée, la Fondation était déchirée entre deux camps, l'un était pro-Daniel Perroud et l'autre contre. L'UCI est intervenue parce que nous voulons sauvegarder le TdR que nous considérons comme un patrimoine important du cyclisme. Nous avons donc signé un contrat avec la FCR par lequel nous prenons la responsabilité d'assurer une bonne organisation de cette épreuve pour les dix prochaines années. Nous nous sommes placés, avec la Fondation Arc-en-ciel, entre le propriétaire et l'organisateur. Arc-en-ciel ne va pas organiser elle-même le TdR. Ce n'est pas son but.

– Quel est-il alors?

– Sa création est une réponse à un phénomène que nous considérons comme dangereux pour le sport organisé et qui consiste en une trop grande concentration de pouvoirs – agent, sponsor et organisateur de course en même temps – dans des agences de marketing ou dans des télévisions privées. Nous ne voulons pas que l'essence du cyclisme tombe dans les mains de grands Moghols dont le seul objectif est l'argent. Ce n'est pas sain. Leur seul but, ce sont les dividendes. A l'UCI, nous ne recherchons pas l'argent en soi. Nous n'avons pas de but lucratif. Néanmoins, nous avons besoin des cyclistes professionnels, comme vitrine, comme exemples pour promouvoir le cyclisme. À l'inverse, ni les télévisions ni les agents de marketing n'investissent dans la formation.

– Pensez-vous vraiment pouvoir lutter au moyen d'une fondation?

– Nous avons créé un conseil professionnel qui réunit des représentants des coureurs, des équipes et des organisateurs. L'objectif est d'ancrer le cyclisme professionnel dans nos structures pour éviter de voir l'élite devenir indépendante. La deuxième mesure, c'est justement la création de la Fondation Arc-en-ciel qui permettra, si une équipe ou une course est en danger, d'intervenir temporairement. Pour l'instant, le TdR est le seul projet concret. D'autres devraient aboutir l'année prochaine. Lorsqu'on a vu toute la pagaille autour du TdR, nous avons proposé notre aide. Nous avons repris le contrat passé avec Daniel Perroud qui courait encore une année et maintenant, il est temps d'en négocier un nouveau pour l'avenir. Il n'y a rien à cacher.

– Envisagez-vous des contrats d'organisation d'une durée plus longue qu'une année?

– Il n'y a absolument rien contre. Mais il faut que Daniel Perroud nous contacte directement pour nous faire des propositions. Ce qu'il n'a pas encore fait. Jusqu'à présent, il ne nous a parlé que par l'intermédiaire de la presse.

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