Simple dames

Garbine Muguruza éclipse Venus Williams à Wimbledon

La jeunesse a triomphé de l'expérience. A 23 ans, l'Espagnole remporte son premier titre à Londres en dominant nettement (7-5 6-0) l'Américaine, de 14 ans son aînée 

Vous avez suivi le sacre de Garbiñe Muguruza à Wimbledon en direct à la télévision? Elle aussi! L'Espagnole, vainqueur 7-5 6-0 de Venus Williams a eu la confirmation de sa victoire sur l'écran vidéo du Centre Court. Elle venait de contester, à raison, une balle annoncée bonne qui avait pourtant rebondi quelques centimètres derrière la ligne de fond de court. C'était une balle de match.

Cette scène étonnante, déjà vue à Melbourne lors de la finale Federer-Nadal, n'a pas entamé l'émotion de Muguruza, qui fondit aussitôt en larmes, avant de se reprendre bien vite. C'est qu'à Wimbledon, le protocole n'attend pas. Quelques minutes à peine plus tard, elle recevait son trophée, le célèbre Rosewater Dish, dans un cérémonial aussi chaleureux et sincère qu'un concours de Miss. 

Toute à sa joie, se tenant sagement aux côtés de Venus Williams, Garbiñe Muguruza se laissa mener sur le tapis rouge déroulé sur le court, puis dans les coulisses où le chairman de Wimbledon, Philipp Brook, lui présenta le tableau d'honneur du tournoi fraîchement mis à jour. Elle repartit bien vite pour, via un dédale de couloirs encombrés de dames en robes à fleurs, déboucher sur le balcon du All England Lawn Tennis and Croquet Club (un club dont elle est devient désormais membre) et saluer la foule.

23 ans après Conchita Martinez

Elle dut ensuite rendre son trophée avant de pouvoir enfin fêter sa victoire avec ses proches. Sa complicité avec son entraîneur, Conchita Martinez, sauta particulièrement aux yeux. L'Aragonaise était la seule Espagnole à avoir remporté Wimbledon. Elle a mis tout son savoir et sa compétence à se trouver une héritière, 23 ans après.

Finaliste en 2015 (battue par Serena Williams), Garbiñe Muguruza a remporté samedi son second titre du grand chelem. Elle avait déjà triomphé en 2016 à Roland-Garros, aux dépends de Serena Williams. Lentement mais sûrement, cette jeune femme souriante et élégante (elle porte sur le court des tenues Stella McCartney), née au Vénézuela et résident à Genève, s'impose comme le futur toujours plus proche du tennis féminin. En attendant que l'ouragan Ostapenko mûrisse un peu, elle semble proposer le meilleur compromis entre qualités physiques, techniques et mentales.

9 jeux de suite

La finale n'a duré qu'une heure, le second set à peine 26 minutes, mais le début de match fut très tendu et équilibré. La partie a basculé à 5-4 Williams dans le premier set. Menée 15-40 sur son service, Garbiñe Muguruza sauva deux balles de set au terme d'échanges interminables. Elle remporta son jeu, puis les huit jeux suivants. Venus Williams ne s'est pas effondré, non, ce ne fut pas aussi spectaculaire que ça, mais Muguruza prit soudain un ascendant décisif. L'Américaine, qui accumula fatigue et frustration, parut d'un coup ses 37 ans. Déjà finaliste à Melbourne (battue par sa soeur), elle n'a plus remporté de grand chelem depuis 2008.

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