C'est officiel et définitif. L'érythropoïétine (EPO) sera traquée à Sydney. Le Comité international olympique (CIO) peut se réjouir et il ne s'en prive pas. Pour la postérité, il restera comme l'initiateur d'une nouvelle ère. Et peu importe que l'Union cycliste internationale (UCI) ait lancé le mouvement en introduisant des contrôles à retardement dans le Tour de France. Finalement, personne ne lui aura volé la vedette. «Les Jeux de Sydney seront propres», claironne-t-on à Vidy. On ne peut que l'espérer. Néanmoins, il ne faut pas se voiler la face. Un pas en avant ne signifie pas que l'on est arrivé au bout du voyage. Plusieurs scientifiques éminents de Suisse ou d'Australie l'ont compris et commencent à prendre le contre-pied d'un «optimisme de marketing» (lire nos éditions du 25 août 2000).

Les deux tests de dépistage de l'EPO, l'un direct et l'autre indirect, introduits à Sydney sont présentés comme complémentaires. On affirme cependant en coulisse qu'ils pourraient bien se desservir. Avec comme conséquence de diminuer les risques d'être attrapé, puisqu'il faudra deux contrôles positifs pour qu'un athlète soit déclaré positif.

Même après leur validation, on peut se demander pourquoi le CIO a tenu à les associer, alors que l'UCI continue d'affirmer qu'elle n'a besoin que des analyses des urines congelées pour sanctionner. Qui a raison? Qui prend des risques? Reste que l'avancée de lundi est à souligner. Et qu'il se pourrait bien qu'en octobre un athlète entre, contre son gré, dans l'histoire du dopage en devenant

le premier dopé à l'EPO pris dans les mailles de la répression. Triste destin, mais qui aurait au moins un avantage: celui de prouver, par les actes, l'efficacité des tests.