La course, - et le suspense aussi - auront duré jusqu’au bout de la nuit. Il était finalement 5h33, dimanche, lorsque Foncia, le D35 d’Alain Gautier et Michel Desjoyeaux, a coupé le premier la ligne d’arrivée du 71e Bol d’or Mirabaud, battant d’un souffle le Smarthome de Christian Michel et l’Okalys Corum de Nicolas Grange et Loïck Peyron. Michel Desjoyeaux le répétait encore l’autre jour (lire le Temps du vendredi 12 juin): « Sur le lac, plus qu’ailleurs, rien n’est joué avant la ligne d’arrivée. » Les événements lui ont donné raison puisqu’à 50 mètres de la ligne d’arrivée et après plus de 19 heures d’une régate particulièrement dure pour les nerfs, quatre voiliers pouvaient encore espérer l’emporter.

Ce fut Foncia et son équipage redoutable composé notamment de deux vainqueurs du Vendée Globe – Alain Gautier, une victoire et Michel Desjoyeaux, deux victoires. Une expérience de vieux loup de mer qui peut aider lorsqu’il s’agit avant tout de rester concentré et opportuniste. « Il ne faut jamais lâcher le morceau, toujours se battre, savoir que c’est toujours possible. Et cela pendant 19 heures. C’est ça qui est déterminant », expliquait Michel Desjoyeaux sur le quai de la Société nautique de Genève. Ajoutant: « Et il faut aussi un petit peu de chance. L’an dernier, c’était l’inverse. On était en tête au Bouveret et on s’était fait avoir au retour.  Alors cette année, on a préféré changer de stratégie et rester en embuscade pour ne prendre la tête qu’au dernier moment. »

Dans la classe des multicoques M2, plus petits que les D35, c’est le voilier Genolier de Philippe Durr qui s’est imposé. Le Genevois, qui avait déjà remporté sept fois le Bol d’or, n’avait plus participé à l’épreuve en multicoques depuis 1993.

Vers 7 heures, à l’heure où les derniers multicoques s’apprêtaient à franchir la ligne d’arrivée, de nombreux monocoques arrivaient également à la Société nautique de Genève, mais en remorquage, des équipages ayant décidé de jeter l’éponge. L’édition 2009 est celle du record de lenteur, mais pourrait bien aussi être celle de record du nombre d’abandons.