Jeu de tête

Chaque génération a son champion qui lui ressemble

Les changements générationnels qui agissent dans la société touchent aussi le football, qui accouche périodiquement d’une star emblématique de son époque

Ancien capitaine de l’équipe de Suisse de football, docteur en psychologie et psychothérapeute, Lucio Bizzini a créé le premier syndicat suisse des joueurs de football, introduit en équipe nationale l’approche psychologique des matchs, et cofondé l’Association suisse de psychothérapie cognitive. Il intervient régulièrement dans Le Temps sur le sport.

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A l’heure actuelle, interagissent cinq générations: la génération dite silencieuse, composée des personnes nées avant 1945, dont l’un des dogmes peut être «économie et prudence»; les «baby-boomers», nés entre 1946 et 1960, instigateurs des réformes sociales et de l’ouverture des mondes; la génération dite X ou des perdants, née entre 1965 et 1980, qui a vécu un creux de vague au niveau professionnel, trouvant difficilement des emplois stables et bien rémunérés. Les nouvelles générations (Y et Z) parfois se confondent. Pour quelque peu les distinguer, on peut dire que la génération Y (1981-1995), qualifiée de «millénaire» ou de «e-génération» en référence à internet, a un profil plutôt d’individualisme et de matérialisme, alors que la génération Z, née après 1995, tout en adoptant une posture d’auto-apprentissage du style «ma première entreprise, c’est moi», semble se tourner de plus en plus vers le discours écologique.

Retrouvons-nous ces caractéristiques chez les footballeurs – icônes de leurs générations respectives? Les footballeurs les plus représentatifs de cette typologie seraient Pelé (né en 1940), Johan Cruyff (1947), Diego Maradona (1960, en avance sur sa génération mais il a toujours été précoce), Cristiano Ronaldo (1985) et Kylian Mbappé (1998). On aurait pu en choisir cinq autres (Eusebio, Beckenbauer, Platini, Zidane, Messi, de Jong) mais ceux-ci sont particulièrement représentatifs.