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Kei Nishikori et Stan Wawrinka lors de la présentation du tournoi du Geneva Open, le 22 mai 2017.
© FABRICE COFFRINI / AFP PHOTO

Tennis

Le Geneva Open a de beaux jours devant lui

Stan Wawrinka, vainqueur du Russe Kuznetsov, affrontera l’Allemand Misha Zverev samedi en finale du Geneva Open. Le tournoi genevois a prolongé de trois ans son contrat avec son sponsor-titre

«Dans quel autre tournoi du monde peut-on entendre les oiseaux chanter?» Il ne faut pas chercher dans cette réponse bucolique d’Eric Sturdza la seule raison de l’engagement de sa banque, jusqu’en 2020, aux côtés du Geneva Open, mais il y a tout de même un peu de poésie dans la réussite du tournoi de tennis ATP de Genève, désormais assuré de prospérer trois années supplémentaires.

Il y a une réelle osmose entre tous les gens qui organisent ce tournoi; tous sont des passionnés

Eric Sturdza le dit lui-même: «Tout ceci est un business». Le banquier voulait médiatiser le changement de raison sociale de son activité; la retransmission des matchs dans 80 pays lui a offert une visibilité mondiale. Mais un business ne peut réussir s’il n’a pas de légitimité. «Il y a une réelle osmose entre tous les gens qui organisent ce tournoi; tous sont des passionnés», souligne Eric Sturdza, lui-même ancien champion de Suisse d’Interclubs avec Lausanne.

Le Geneva Open, relancé au format ATP 250 en 2015, a décollé cette année parce qu’il a fait beau mais surtout parce qu’il a trouvé la bonne formule. Après une première édition à pertes et une deuxième encourageante, le succès est à la fois sportif et populaire.

Tribunes pleines un jour de semaine

Pour la première fois, les tribunes du court central étaient pleines un jour de semaine (mercredi, pour l’entrée en lice de Stan Wawrinka). Elles l’étaient encore le lendemain, malgré l’Ascension, malgré la finale de la Coupe de Suisse. Elles l’étaient toujours vendredi pour les demi-finales. Et elles le seront bien sûr samedi (15h) pour la finale entre Stan Wawrinka et Misha Zverev.

«Le Geneva Open est en train de prendre une ampleur dont certains ne le pensaient pas capable. Le public a répondu en grand nombre. C’est aussi le résultat d’un travail de fond depuis un an pour intéresser les gens, et notamment les jeunes», se félicite son directeur, Thierry Grin. Ce travail se perçoit notamment au sein du club-hôte, le TC Eaux-Vives, «hier un club de personnes âgées» selon l’avis même d’Eric Sturdza, aujourd’hui très volontaire sur la formation.

Zverev, un joueur qui a changé de dimension

Les organisateurs ne sont pas passés loin de la finale idéale entre les têtes de série un et deux. Stan Wawrinka et Kei Nishikori. Mais le Japonais s’est fait éliminer vendredi par l’Allemand Misha Zverev (6-4 3-6 6-3), issu des qualifications pour s’être inscrit hors délai. Tant pis pour les huit journalistes nippons qui ont suivi Nishikori, et qui prendront comme lui sans attendre la route de Paris.

La présence d’un «qualifié» en finale est souvent perçue négativement mais depuis l’Open d’Australie, où il bouta le numéro un mondial Andy Murray en se ruant au filet, l’aîné des frères Zverev (33e mondial) a changé de dimension en même temps qu’il a modifié le regard porté sur les «seconds couteaux» du circuit. Stan Wawrinka, lui, s’est fait quelques frayeurs face au Russe Andrei Kuznetsov (6-4 7-6), mais pourra finalement défendre son titre.

Les joueurs vantent souvent les dix courts d’entraînement, la faible distance entre l’hôtel et le site et la beauté du site.

Ces joueurs, connus ou non, Rainer Schüttler aide à les attirer à Genève. L’Allemand, associé à Ion Tiriac, reconnaît avoir la tâche de plus en plus facile. «Les joueurs vantent souvent les dix courts d’entraînement, la faible distance entre l’hôtel et le site et la beauté du site. Ils veulent tous revenir!» Les Américains, particulièrement, sont conquis. Mercredi, John Isner ne cachait pas sa colère après son élimination face à Zverev. Le géant de Greensboro (2,08 m) serait bien resté plus longtemps dans ce jardin des délices découvert l’an dernier. Il a été depuis le meilleur VRP du tournoi auprès de ses compatriotes. Cette année, ils étaient cinq – le plus gros contingent – dans le tableau final.

Avec trois ans d’expérience, on découvre que la date du tournoi, placé immédiatement avant Roland-Garros, n’est pas le repoussoir que l’on pouvait craindre. «Certains joueurs préfèrent arriver tôt à Paris et s’entraîner mais d’autres ont besoin de jouer des matchs. Il n’y a pas de vérité en la matière», observe Marc Rosset qui se souvient «avoir réalisé [sa] meilleure perf' à Roland-Garros [demi-finale contre Michel Stich en 1996] juste derrière la finale de la World Team Cup». «J’ai pu disputer trois bons matchs. Pour moi, c’était une bonne préparation», expliquait Kei Nishikori après son élimination.

Le tournoi désormais lancé

Genève n’a pas pâti de la concurrence nouvelle de l’Open Parc de Lyon. Malgré un plateau plus «glamour» (Kyrgios, Del Potro, plus les Français de Suisse auxquels le bénéfice du forfait fiscal interdit de s’inscrire à Genève), c’est le nouveau tournoi rhodanien qui a plutôt souffert de la comparaison. «Nous nous sommes concentrés sur l’organisation d’un événement de haute qualité», résume Rainer Schüttler.

Certaines choses peuvent être améliorées, comme la fréquentation des loges VIP, mais le Geneva Open est désormais lancé. Si Donald Trump venait écouter le chant des oiseaux, le soir au fond du parc, il dirait: «Wow, amazing!»

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