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Geneva Open, le grand retour du tennis à Genève

Jeudi, les organisateurs du Geneva Open dévoilent leurs plans. Ils visent une clientèle VIP dans l’écrin du parc des Eaux-Vives. Stan Wawrinka sera la tête d’affiche de ce tournoi ATP 250

Le grand retour du tennis à Genève

Sport business Jeudi, les organisateurs du Geneva Open dévoilent leurs plans

Ils visent une clientèle VIP dans l’écrin du parc des Eaux-Vives

Stan Wawrinka sera la tête d’affichede ce tournoi ATP 250

A peine rentré de Melbourne, Stanislas Wawrinka sera à Genève jeudi matin pour lancer la présentation officielle du Geneva Open. Sa présence à l’hôtel Métropole est une des clauses du contrat de trois ans qu’il a signé avec ce tournoi ATP 250, qui se déroulera du 17 au 23 mai au parc des Eaux-Vives. Autour de lui, les promoteurs Ion Tiriac et Rainer Schüttler, le directeur du tournoi, Thierry Grin, le maire de Genève, Sami Kanaan. Tous réunis pour célébrer le grand retour du tennis à Genève.

Certes, la ville a souvent organisé des rencontres de Coupe Davis. Mais c’était techniquement sur la commune du Grand-Saconnex, et cela n’avait pas la saveur d’un vrai tournoi ATP comme Genève en avait connu entre 1980 et 1991. C’est toutefois à l’occasion de la demi-finale Suisse-Italie, en septembre dernier, que remonte la genèse de cette renaissance. Dans le public, deux hommes peinent à s’intéresser aux matches. Ils sont impressionnés par les 18 000 spectateurs présents, notent que les loges ont été prises d’assaut et observent en connaisseurs le ballet des 2000 repas VIP servis quotidiennement dans la halle 7 transformée en une immense salle de restaurant.

Ils s’appellent Ion Tiriac et Rainer Schüttler. L’un est un septuagénaire roumain, milliardaire, ancien manager de Guillermo Vilas et Boris Becker, l’autre un ex-numéro 5 mondial allemand. Ils sont associés en affaires et cherchent un point de chute pour le tournoi qu’ils organisent à Düsseldorf et qui, selon certaines sources, a perdu 600 000 euros en deux ans. En Allemagne, le tennis est moribond; il rayonne en Suisse. Dans l’absolu, chaque organisateur est libre de monter un tournoi et de le proposer à l’ATP. Dans les faits, le calendrier est surchargé et le possesseur d’une date la conserve aussi précieusement que celui qui détient une place d’amarrage sur les rives du Léman.

C’est ainsi que Düsseldorf se rapproche de Genève, où Daniel Perroud organise déjà, au centre sportif de la Queue-d’Arve, un tournoi de catégorie inférieure fraîchement élu «meilleur tournoi Challenger du monde». Le deal est simple: «upgrader» le tournoi genevois en le transportant sur les installations du TC Genève. Une rapide visite au restaurant du Parc des Eaux-Vives, vue imprenable sur le lac, suffit pour s’en convaincre: le tournoi peut aisément contester au Monte-Carlo Country Club le titre de club-house le plus select du monde.

Car le nouveau Geneva Open vise le très haut de gamme. Un cadre d’exception, où le tennis est un aimable prétexte, une social occasion, comme disent les Anglais, où le business n’est jamais loin. Le TC Genève est ravi, Daniel Perroud partant et la Ville n’y voit pas d’inconvénient. Seule voix discordante, René Stammbach, le président de Swiss Tennis, s’inquiète début novembre d’une trop grande concentration d’événements. «Il y a déjà Gstaad, Bâle et la Coupe Davis, dans un rayon de 100 km en 11 semaines. Le tournoi existera-t-il dans deux ans?» «Le Challenger n’était pas forcément viable non plus à long terme», répond Daniel Perroud. Le maire de Genève, Sami Kanaan, obtient des garanties. «Ils viennent pour trois ans. Nous voulions un vrai engagement de leur part. Le terrain appartient à la Ville mais c’est un club privé qui accueille l’événement.» La Ville apporte 100 000 francs, «la même somme que pour le Challenger, plus un soutien logistique», ajoute le maire.

L’ATP accepte le dossier et valide le projet. La Sàrl Geneva Trophy Promotion est créée à Genève. Elle est gérée par Gérard Tsobanian, un proche de Tiriac. L’organisation locale est confiée à Daniel Perroud. Marc Rosset, qui était directeur du tournoi Challenger, reste dans l’organisation mais n’a pas été choisi par les organisateurs, qui lui ont préféré son remplaçant des années Coupe Davis, Thierry Grin. Fin décembre, le tournoi a officialisé la signature d’un contrat de trois ans avec Stanislas Wawrinka. Le Vaudois, actuel 9e joueur mondial, sera la tête d’affiche d’une épreuve disputée sur terre battue une semaine avant le début de Roland-Garros. En concurrence avec le tournoi de Nice, le Geneva Open regroupera 28 joueurs et offrira un prize-money de 467 000 francs, dont 74 000 au vainqueur. La compétition sera retransmise en intégralité sur Eurosport. La RTS négocie actuellement les droits de retransmission d’au moins une rencontre par jour. «Nous avons bon espoir d’aboutir», explique Massimo Lorenzi, le responsable des sports.

Côté coulisses, le restaurant du Parc des Eaux-Vives a été réservé pour dix jours et le personnel mis en congé. Il faut faire place nette pour déployer un catering de luxe qui fonctionnera à flux tendus. Sami Kanaan n’a rien contre. «Nous nous refusons à opposer sport d’élite et sport pour tous, assure l’élu socialiste. Il y aura de nombreuses places à des prix accessibles. Avoir Wawrinka à Genève, figurer dans le calendrier ATP, tout cela est bon pour l’image de la ville.»

Les organisateurs annonceront peut-être jeudi le nom du sponsor principal. Associer son nom à l’événement a été estimé à 1,2 million de francs.

Le restaurant du Parc des Eaux-Vives a été réservé pour dix jours. Le mobilier sera débarrassé et le personnel mis en congé

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