A quoi ressemble la vie d'un jeune sportif d'élite en Suisse? A un sprint, la plupart du temps… A Genève, ils sont une dizaine de plongeurs de 7 à 19 ans à s'entraîner plusieurs fois par semaine à six heures du matin (LT du 27 avril 2000). Leurs copains nageurs, eux, jonglent également entre les entraînements et les études, ou leur profession. «Pour obtenir des résultats sportifs, ces jeunes s'investissent énormément, constate Heinz Bischoff, président de Genève Natation. Ils méritent qu'on s'engage pour eux, et qu'on leur donne les moyens de se préparer dans des conditions optimales.»

Forts de cette philosophie louable, les dirigeants du club genevois – l'un des meilleurs de Suisse – ont décidé de lancer en fin d'année passée une grande «action olympique 2004-2008», qu'ils ont présentée mardi à la presse. But avoué: offrir des conditions de préparation optimales à une quinzaine de plongeurs et de nageurs dans l'optique d'une qualification pour les Jeux olympiques de 2004 et/ou de 2008. Un projet caractérisé par un soutien financier, mais aussi logistique, avec la mise en place d'une véritable structure d'encadrement professionnelle.

Encadrement de qualité

Le premier aspect a son importance. Dans un pays où la natation profite aujourd'hui des résultats obtenus par une génération exceptionnelle, même une championne comme Flavia Rigamonti, quatrième du 800 m aux Jeux de Sydney, ne fait pas fortune grâce à son sport. «Contrairement à d'autres pays comme l'Italie, où un titre olympique rapporte parfois jusqu'à 200 000 francs suisses, nous ne pouvons pas offrir de salaires aux nageurs, regrettent les dirigeants. En revanche, nous espérons trouver des fonds (n.d.l.r.: plusieurs dizaines de milliers de francs par année) pour leur faciliter la vie, et organiser des camps d'entraînement, par exemple.» Une fiduciaire et un garage ont déjà accepté de soutenir l'«action GN olympique». D'autres sponsors pourraient les imiter bientôt.

Côté encadrement, les dirigeants genevois ont fait fort en intégrant à cette action l'année passée deux grandes figures de la natation suisse, Ralph Schallon et Christophe Pellandini. Le premier, toujours directeur technique de la Fédération suisse de natation, occupe la fonction de chef de projet. Le deuxième, également coach national, a créé il y a six ans à Agno le premier club de natation privé de Suisse, Atlantide. Il y a entraîné notamment les deux locomotives Flavia Rigamonti et Chantal Strasser. Arrivé à Genève après les Jeux en même temps que deux des meilleurs nageurs du pays, Yves Platel et Nicole Zahnd, il tentera de qualifier pour Athènes un maximum de nageurs, parmi la dizaine sélectionnés selon des critères sévères.

Quant à sa collègue du plongeon, Christiane Favia, elle visera davantage les Jeux de 2008. Sur six plongeurs retenus jusqu'ici, la moitié n'a pas encore 14 ans. Un gage de progression évident.