Rio a les Jeux olympiques, Lausanne aura les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ), une sorte de sous-JO, Genève a les Jeux du Grand Genève, qui sont donc une sorte de sous-JOJ.

Samedi 4 et dimanche 5 juin, la troisième édition de ces joutes multisports (plus de 20 disciplines) et biennales verra s’affronter plus de 3000 jeunes sportifs de 11 à 18 ans dans un vaste espace transfrontalier: la Ville de Genève (Stade du Bout-du-Monde et Centre sportif du Plateau de Vessy), le Canton (Sous-Moulin), la Haute-Savoie (Annemasse) et le Pays de Gex (Divonne-les-Bains).

L’idée est la même que celle de Coubertin: rassembler à travers le sport. «Dans notre vie quotidienne, le projet du «Grand Genève» n’est pas toujours vu positivement alors que c’est quand même une réalité, soulignait Sami Kanaan lors d’une conférence de presse tenue en avril. Toutes les initiatives qui permettent de se côtoyer autrement que dans un bouchon sont bonnes à saisir.» Le Conseiller administratif genevois rappelait à titre d’exemple que la piscine des Vernets est un pôle transfrontalier important.

Côtés français, les élus locaux tiennent le même discours. «Nous étions là lors de la première édition en 2012. Nous remettions des médailles lorsque le résultat de la votation sur les P + R est tombée», ajoutait, avec le sourire, Christian Dupessey, le maire d’Annemasse.

Des deux côtés de la frontière, il reste pas mal de barrières à faire tomber. Dans les sports collectifs, les échanges sont rares. Les Suisses craignent la désorganisation et le jeu dur supposés de leurs voisins quand les Français, victimes du centralisme jacobin, se vivent souvent comme s’ils étaient dans la banlieue de Lyon et font de grands détours par le Fort L’Ecluse pour aller jouer «de l’autre côté».

En 2013, toutes les parties étaient favorables à ce que l’équipe de football d’Evian-Thonon-Gaillard puisse jouer ses matchs à la Praille mais ce projet se heurta au veto de l’UEFA. Dommage, le «Grand Genève» y aurait peut-être gagné une identité.