C’est une des nombreuses pièces du puzzle entourant la relocalisation du Servette FC et de son académie qui a trouvé sa place. Le canton et la ville de Genève ont entériné une solution provisoire pour accueillir les entraînements de la première équipe du club grenat. Une étape entamée en 2020 qui trouve son issue alors que le projet dédié à l’académie du club et ses juniors, censés être logés temporairement au parc des Evaux, fait face à la fronde de la commune d’Onex et des associations de sauvegarde de l’environnement. Des recours ont en effet été lancés à la suite du dépôt des autorisations de construire.

Ce dossier serpente depuis trois ans. Le club, en particulier son mouvement junior, doit en effet quitter sa base de Balexert pour qu’y soit construit un nouveau cycle d’orientation dédié aux élèves de la commune de Vernier. Or, par neuf voix d’écart, les Genevois balayaient en votation une solution qui prévoyait la construction de cinq terrains de football et le centre de formation sur le terrain du Pré-du-Stand, au Grand-Saconnex. Le Conseil d’Etat se retrouvait alors sans plan B pour l’élite du football genevois, et sans terrain libre pour les écoliers verniolans.

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Offrir des conditions d’entraînement «dignes»

L’horizon se dégage désormais un peu pour le Servette FC, avec l’accord signé ce lundi entre la ville de Genève et le canton. Il concerne sa première équipe, pour l’heure reléguée au statut de «sans-abri». «Aujourd’hui les joueurs s’entraînent dans des conditions inacceptables, sur des sites dispersés et sans planification», déplore Thierry Apothéloz, conseiller d’Etat chargé du Département de la cohésion sociale. Actuellement, les joueurs se changent au Stade de Genève avant de monter dans un minibus, parfois sans encore savoir sur quel terrain ils pourront s’entraîner. Une situation peu reluisante pour une équipe évoluant depuis trois ans en première division suisse.

Concrètement, le canton investira 8 millions de francs dans la construction, au centre sportif de Vessy, d’un terrain en gazon naturel de même dimension que celui du stade de la Praille. De son côté, la ville le mettra gratuitement à disposition du Servette FC dès sa réalisation, et ce pendant dix ans. De quoi, sauf mauvaises surprises, accueillir la première équipe du club dix mois sur douze, de l’avis du vice-président du Servette FC Felipe Ortiz. L’achèvement de cet aménagement est prévu pour 2024.

Une étape jusqu’à l’arrivée d’un pôle football définitif

Pour satisfaire à l’exigence de la ville de Genève de maintenir les mêmes capacités d’accueil pour les clubs communaux, deux terrains synthétiques verront également le jour, toujours à charge du canton. Sujet sensible lors de telles opérations, l’impact environnemental sera minime d’après les autorités. Aucun bâtiment ne sortira de terre et aucun arbre ne sera condamné à l’abattage.

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Le magistrat espère en outre que cet accord freinera les velléités d’opposition et de recours qui se sont accumulés sur le site des Evaux, censé accueillir l’académie du Servette dans l’attente de la construction du pôle football définitif. Il devrait prendre place sur la zone dite de «la Crotte-au-loup» d’ici à 2031, sur la commune de Vernier. Un souhait partagé par Pascal Besnard, président du Servette FC: «Nous avons cherché une solution pour ne pas tout rassembler aux Evaux, c’est désormais chose faite.»

Reste que le besoin en locaux pour les 230 jeunes du Servette FC est toujours présent. Sans nouvel emplacement, la formation risque à terme de perdre le label de qualité octroyé par l’Association suisse de football.