Genève-Servette est venu à bout (3-1) de Fribourg Gottéron, dimanche après-midi à la patinoire des Vernets. Capitale dans l'optique d'une participation aux play-off, cette victoire acquise dans le dernier tiers-temps permet aux «Aigles» de se rapprocher à un point de la troisième place, occupée par les CPZ Lions. Et de distancer quelque peu leur adversaire du jour, qui campe pour sa part frêlement en huitième position, juste au-dessus de la barre fatidique.

Si, sous leur casque, les joueurs sont obnubilés par un classement extrêmement serré et triment afin de prendre part aux séries pour le titre, leurs dirigeants ont d'autres préoccupations en ce début d'année. Sur la glace, on lutte pour grappiller de précieux points. Dans les coulisses, on rivalise à gros renforts d'entregent, de finesse et de détermination pour bâtir l'équipe la plus compétitive en vue de la saison prochaine. Le tout dans un contexte financier délicat, du moins pour les Genevois et les Fribourgeois.

Par les temps qui courent, avant de songer à recruter des noms ronflants, les deux clubs s'escriment à conserver leurs meilleurs éléments. Pour Genève-Servette, incapable de dénicher des sponsors locaux afin de soutenir un groupe Anschutz qui en a marre de subvenir seul à ses besoins, l'heure est ainsi à la sagesse en matière de dépenses. «Nous ne pouvons nous permettre aucune folie, admet le président Marco Torriani. Il y a énormément d'argent dans cette ville, mais très peu pour le sport. Nos amis et voisins footballeurs en savent quelque chose. Nous sommes en contact avec d'éventuels partenaires, mais les négociations sont difficiles à mener.»

Dans l'attente de bonnes nouvelles sur le front du sponsoring, le club des Vernets sait d'ores et déjà qu'il ne bouclera pas son budget cette saison, pour la troisième année consécutive. Marco Torriani évoque même un trou d'un million de francs à la fin de l'exercice. Pas évident au moment de convaincre les joueurs en place de ne pas céder aux sirènes alléchantes qu'actionne la concurrence. La vedette russe Oleg Petrov s'est déjà entendue avec Zoug pour la saison prochaine. Dragué par Langnau, le gardien Reto Pavoni a choisi de rempiler aux Vernets, pour la plus grande satisfaction de son entraîneur Chris McSorley. Quant à l'attaquant Gianmarco Crameri, suivi à la trace par Ambri, il n'a toujours pas fait part de sa décision, de même que le défenseur américain Brett Hauer, qui aimerait décrocher un contrat de deux ans. Les discussions sont en cours.

Côté fribourgeois, Roland von Mentlen annonce que sa campagne de transferts est bouclée. Le directeur général de Saint-Léonard, qui espère encore s'attacher les services du défenseur de Kloten Alain Reist, résume la situation avec un certain bon sens: «Nous n'avons pas les moyens de faire de la surenchère avec les clubs les plus fortunés du pays pour acquérir certains joueurs hors de prix. Nous sommes en phase de stabilisation économique. Notre philosophie consiste donc depuis quelques années à travailler dur, à conserver nos meilleurs éléments et à intégrer des jeunes talents fribourgeois au groupe en place.»

Qu'elle soit voulue ou dictée par la conjoncture actuelle, cette politique raisonnable et constructive commence à porter ses fruits. Des espoirs du cru comme Alain Birbaum, Cyril Berthoud, Julien Sprunger ou Sandro Abplanalp commencent à montrer le bout de leur nez et Roland von Mentlen assure que le mouvement juniors de Gottéron regorge de pousses prometteuses.

En attendant de savoir à quel point ces dernières égaieront leur avenir, les «Dragons» peuvent s'appuyer sur quelques certitudes. Concluant cette saison, le trio de mercenaires scandinaves – Thomas Rhodin, Mikael Karlberg et Jukka Hentunen – est sous contrat pour le prochain exercice. L'attaquant Benjamin Plüss a resigné à l'automne, ce que viennent également de faire Patrick Howald et Gil Montandon, deux éléments précieux et expérimentés. Et rayon renforts, Fribourg enregistre l'arrivée du défenseur genevois Nicolas Studer, d'ailleurs auteur du premier but de son équipe hier.

Jusqu'au début des play-off, fixé au 2 mars, les joueurs patineront derrière les points, les dirigeants fouineront sur un marché des transferts bloqué, à la recherche de la bonne occasion. A chacun son but.