Hockey

Genève-Servette, voyage au bout de la série

Il aura fallu au CP Berne six matchs, dont le plus long de l’histoire, pour se débarrasser des hommes de Chris McSorley, bien plus pugnaces que prévu, en quarts de finale des play-off

L’époque raffole des histoires de perdants magnifiques, et il s’en est écrit une de premier choix ces dernières semaines dans les patinoires suisses.

Le Genève-Servette Hockey Club a fini par s’incliner en quarts de finale des play-off de National League contre le Club des patineurs de Berne. Personne (ou presque) n’aurait au départ parié sur une autre issue dans ce choc extrêmement déséquilibré sur le papier. Mais personne (ou presque) n’escomptait que les Romands se révéleraient si pugnaces et que la formation la plus riche du pays aurait besoin, pour se qualifier, de six matchs dont, pour conclure, le plus long de l’histoire du hockey sur glace helvétique.

Principe contesté

L’acte VI de la série a débuté aux Vernets jeudi soir à 20h. Il s’est terminé vendredi matin, à minuit passé de 54 minutes, après 117 minutes et 44 secondes de jeu. Au bout des trois tiers (soit 60 minutes d’affrontement), les deux équipes étaient dos à dos, 2-2. La première prolongation de 20 minutes ne leur a pas permis de se départager. La deuxième non plus. Une telle situation ne s’était jamais produite.

Lire notre portrait du Servettien Noah Rod, «en mission»

En saison régulière, la séance de tirs au but aurait été organisée après une seule période de prolongation, elle aurait à cette heure-là été terminée, les joueurs à la douche et les supporters à la maison. Mais en play-off, il est prévu que le jeu se poursuive jusqu’à ce qu’un but soit marqué. Ce principe importé de la NHL nord-américaine suscite des réticences, notamment parce qu’il pousse les joueurs dans leurs derniers retranchements sur le plan physique. Mais c’est le règlement. Et il aura encore fallu 17 minutes et 44 secondes de jeu dans la troisième prolongation pour que Mark Arcobello libère son équipe. Et, à vrai dire, tout le monde avec elle.

«Il y a beaucoup de regrets, bien sûr, mais il y a aussi beaucoup de fierté», lançait à chaud le Servettien Goran Bezina au micro de la RTS. Ses coéquipiers et lui sortent la tête haute. Ni eux ni leurs supporters n’ont oublié que le vendredi 1er mars dernier, à trois matchs et trois jours de la fin de la saison régulière, leur équipe semblait condamnée aux play-out. Mais elle s’est imposée ce soir-là à Fribourg (2-3), le lendemain contre Bienne à Genève (4-1) puis le lundi contre Zurich (3-2) dans une improbable finale pour les play-off face au champion en titre.

Deux victoires à Berne

Les Aigles avaient alors déjà sauvé leur saison, au caractère, au courage, à l’abnégation. Mais un quart de finale contre le CP Berne, trois fois champion de Suisse ces six dernières années? Cela semblait perdu d’avance. Ils se sont pourtant imposés 0-2 dans l’antre des Ours une première fois. Puis une seconde (2-3), pour mener 2-1 dans la série après une défaite aux Vernets, grâce à un but de Johan Fransson après les 95 minutes et 49 secondes d’un premier match à rallonge.

Jeudi, ils se sont donnés un dernier espoir en revenant de 0-2 à 2-2 dans la dernière minute du temps réglementaire. Mais, incapables de confirmer à domicile leurs prouesses en déplacement et diminués par de nombreuses blessures (six joueurs absents pour l’acte VI), les hommes de l’entraîneur Chris McSorley – revenu à la bande après avoir été mis au placard la saison dernière – ont fini par capituler au quatrième affrontement (sur six), qui s’est terminé au-delà des trois tiers. Voyage au bout de la série.


Retrouvez tous nos articles consacrés au thème «hockey»

Publicité