Les lumières écarlates se figent, la musique suspend sa foire, le public retient son souffle: quand la cloche retentit pour lancer la ronde d’un combat, tout disparaît hormis les deux boxeurs qui se font face. Pendant trois minutes, plus rien n’existe en dehors du ring et de ses fauves. Même l’arbitre, qui court après les pugilistes, est à peine une silhouette de chair circulant dans l’arène. Le corps conquérant du boxeur, le bruit mat des coups portés, les effusions de sueur et de sang; le spectacle de la violence codifiée, ritualisée, encadrée, est une expérience à laquelle on soustrait difficilement son regard.