Georges Deniau est une personnalité du tennis. Il a été le coach de Guy Forget et de Jakob Hlasek, vient d'être nommé entraîneur de l'équipe de France de Coupe Davis. C'est surtout lui qui, en tant qu'entraîneur, a mené la Suisse en finale de la Coupe Davis en 1992, avec une équipe qui comprenait Marc Rosset, Jakob Hlasek et Claudio Mezzadri, soit trois des principaux protagonistes de l'affaire qui secoue le tennis helvétique.

Interrogé sur cette crise, l'entraîneur français avoue sa grande tristesse: «Je suis désolé de voir deux garçons qui ont partagé des moments sportifs si intenses en arriver à des relations aussi tendues. Jakob a été comme un fils pour moi, et Marc, que ce soit en Coupe Davis, aux Jeux olympiques de Barcelone ou au centre national d'Ecublens, a toujours donné le maximum. Ils n'ont pas du tout le même caractère, mais je suis persuadé qu'il était possible d'éviter un tel différend.»

Georges Deniau tient à préciser qu'il n'a pas toutes les informations pour juger l'affaire: «Je ne connais pas l'ensemble des données du problème. Mais, à la place de Jakob, j'aurais peut-être agi différemment. J'aurais accepté de rétrocéder la place de capitaine à Claudio Mezzadri, puisque tel était le vœu des joueurs, mais pour la rencontre Suisse-Australie seulement, et je les aurais convoqués ensuite pour une discussion sur l'avenir de l'équipe.»

Etonnamment, Jakob Hlasek appelle régulièrement son ancien coach, mais jamais la crise actuelle n'a été évoquée au cours de ces conversations. Georges Deniau, qui n'a pas quitté la fédération suisse dans les meilleurs termes, ne veut pourtant pas mettre toute la faute sur Hlasek. «Quand il y a un problème, c'est la responsabilité du patron. Or, en l'occurrence, le patron, c'est Swiss Tennis. Du côté de Bienne, on aurait dû anticiper les difficultés.» L'entraîneur français est également fâché de l'attitude des dirigeants vis-à-vis de Claudio Mezzadri, évincé sans ménagement. «Voilà un garçon qui a toujours répondu aux convocations en Coupe Davis en sachant qu'il avait peu de chances de jouer, et qui a toujours assumé de façon impeccable son rôle de remplaçant. Le traiter de la sorte est inadmissible.»

Alors qu'une réunion de conciliation vient d'être mise sur pied, les propos pleins de bon sens de Georges Deniau montrent une fois encore l'absurdité de la situation .