Consolider le psychique et les connaissances théoriques du sport de compétition, voilà deux sujets qui ont largement droit de cité à Macolin et qui sont enseignés tous les matins au sortir du petit déjeuner. L'ensemble des recrues se retrouve dans un auditoire. Pêle-mêle jonchent des casques de vélo, des sacs de sport ou baluchons militaires, même une paire de béquilles discrètement abandonnée à son sort. A peine les 45 minutes d'enseignement distillées que chacun s'en ira aussitôt pratiquer sa discipline de prédilection.

Une semaine est consacrée à la force mentale et aux relations avec les autres sportifs. L'orateur rend attentif les élèves. C'est Patrick Bläuenstein qui se lance à l'eau, un moniteur militaire qui a été formé à Macolin sous l'ancienne méthode et bien connu outre-Sarine: il garde la cage de St. Otmar Saint-Gall, qui vient d'être sacré vice-champion suisse de handball.

Au programme du matin: l'émotion et l'agression dans le sport. «Une approche utile, relève le footballeur Sébastien Lipawsky. Dans nos clubs, c'est presque un sujet tabou.» L'orateur propose plusieurs séquences vidéo-choc, telle une agression pieds en avant de Kahn, gardien du Bayern Munich, contre Stéphane Chapuisat, qui réagit par un simple hochement de tête. La transition est saisie par Patrick Bläuenstein pour préciser les couleurs différentes de l'émotion: joie, tristesse, colère, surprise, peur ou dégoût. «Montrer ses émotions dans le sport, rien de plus normal, souligne le soldat maître de sport. Le problème survient quand on en perd le contrôle!» Et de faire visionner des scènes de pugilat du championnat suisse de hockey, où des vedettes semblent ne plus se contrôler.

L'agression est omniprésente dans le sport d'élite: elle se distingue de l'agressivité par sa volonté de nuire à l'autre. Le jeune Stefan Keller est gentiment cloué au pilori. Un article de presse parle de ses débuts tumultueux parmi les «grands», en Coupe de Suisse face à Nyon. Entré en jeu depuis deux minutes seulement, la dernière trouvaille de Grasshoppers se distinguait avec sa première expulsion.

Pour que chacun y trouve son compte, le cours aborde finalement les sports plus individuels, tels le ski ou l'athlétisme, où l'agression est plus difficilement identifiable et se mélange parfois avec la provocation ou l'intimidation.

Ol. B.