Sur la route crevassée qui plonge vers Constanta, son casino abandonné et son bord de mer bétonné, un petit chemin se dresse à la perpendiculaire. Au bout, un terrain vague, un hôtel en construction et une immense bâtisse qui offre un panorama sur la mer Noire, à deux heures à l’est de Bucarest. Le gigantesque complexe est planté là, au milieu d’une étendue de champs et de petites maisons éparses.

Ce matin-là, des adolescents quittent l’académie de football à bord d’un car bleu. Ce même bleu céruléen qui enveloppe les six terrains d’entraînement du FC Viitorul, où les jeunes Roumains apprennent les préceptes de Gheorghe Hagi: du jeu, du jeu, et encore du jeu. En juin, lors de l’Euro Espoirs en Italie, cette philosophie a traversé les Carpates et illuminé l’Europe. Dix joueurs de la sélection, qui a atteint les demi-finales après avoir écrasé la Croatie (4-1) et l’Angleterre (4-2) en poules, étaient issus de l’académie. Où le patronyme du meilleur joueur roumain de l’histoire s’inscrit dans toutes les directions: c’est sa rue, son stade, son club.