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Le nouveau président de la FIFA Gianni Infantino pose avec des enfants membres d'un club de foot durant l'inauguration du musée de la FIFA, le 28 février 2016 à Zurich.
© FABRICE COFFRINI

FIFA

Pour Gianni Infantino, le plus dur commence

Le nouveau président a brillamment gagné l'élection mais sa marge de manoeuvre sera limitée

La première décision de Gianni Infantino président aura été d’organiser un match de football. Lundi à midi, la presse est conviée à mettre les crampons contre l’équipe de la FIFA, qui reçoit à domicile. Une façon habile pour le nouvel élu de ramener le football au centre des débats, de soigner son image et de montrer aux personnels de la FIFA, plutôt partisans du cheikh Salman, qu’eux et lui jouent désormais dans la même équipe. Ce faisant, il laisse tomber l’équipe de l’UEFA, déjà privée de son président Michel Platini (dont le sort se jouera au TAS ce printemps) et qui se retrouve décapitée à 100 jours du début de l’Euro 2016. Un nouveau secrétaire général sera désigné le 4 mars.


Pendant que Gianni Infantino tape dans le ballon (assez mal, selon son propre aveu), le cheikh Salman tente de comprendre comment il a perdu une élection qui lui semblait encore promise quelques jours plus tôt. Petit à petit, les langues se délient et plusieurs explications – complémentaires – font surface. Tout d’abord une grande maladresse du cheikh, à l’image de cette manifestation de soutien grotesque devant le Hallenstadion d’une poignée de partisans recrutés pour l’occasion. Ensuite, une erreur de positionnement. Salman s’est présenté en futur président; Gianni Infantino en candidat. Et si le favori a répété: «Je suis l’un des vôtres», le challenger l’a prouvé. Sa phrase «L’argent de la FIFA est votre argent» restera comme son «Je vous ai compris». Enfin, le cheikh Salman a payé ses rapports distants avec le prince Ali, qu’il n’avait pas soutenu l’an dernier (au contraire de l’UEFA) lorsqu’il s’était présenté seul face à Sepp Blatter. Les voix (africaines) du second candidat asiatique se sont reportées vers l’Européen.


Selon Le Matin Dimanche, le cheikh Salman n’aurait pas payé que ses mauvaises relations; il aurait tenté la veille du vote de «sécuriser» les voix de certains pays africains. En clair: d’acheter une vingtaine de voix. Le procédé se serait retourné contre lui et pourrait lui coûter cher. Le porte-parole de la chambre d’enquête de la commission d’éthique de la FIFA a confirmé au Matin Dimanche avoir été informé de semblables accusations.


Décrit comme un ambitieux par ses adversaires mais aussi par ceux qui l’ont vu débuter à l’UEFA, Gianni Infantino est sûrement très heureux d’avoir décroché le poste suprême dans le monde du sport. Il devrait découvrir assez vite cependant qu’il ne bénéficiera pas de la même marge de manœuvre que Sepp Blatter. Après la réunion du comité exécutif mi-mars à Zurich, les nouvelles réformes entreront en vigueur, le comité exécutif deviendra Conseil et le président ne pourra plus imposer le fait du prince.


La crise (100 millions de déficit sur l’exercice 2015, un trou de 550 millions au budget prévisionnel 2015-2018), la décence et l’exemplarité incitent très fortement la FIFA à payer le nouveau président beaucoup moins que Sepp Blatter (pour lequel Christian Constantin a articulé le chiffre de 8 millions de francs annuels). Le futur secrétaire général, qui deviendra plutôt une sorte de CEO, devrait être recruté à l’instar d’un top manager dans une grande entreprise et gagnera plus que son patron. Dans un vestiaire, c’est déterminant; à la FIFA, cela comptera sans doute un peu.


Mais l’argent, Gianni Infantino veut surtout le redistribuer: 5 millions de dollars sur quatre ans à chaque fédération, a-t-il promis. «C’est votre argent», a-t-il insisté, et «seulement» 25% des revenus de la FIFA. La commission d’audit et de conformité, présidée par l’autre Italo-Suisse Domenico Scala, ne l’entendra pas de cette oreille: bloquer les fonds alloués est l’un des rares moyens de pression à sa disposition pour obliger les fédérations et elle compte bien l’utiliser. En Amérique latine, la Conmebol (qui soutenait Infantino et a visiblement tenu ses promesses) est selon une source interne la plus réticente à rompre avec ses mauvaises habitudes.

Une vraie preuve de transparence serait la publication du rapport d’enquête du juge américain Michael Garcia sur les conditions d’attribution des Coupes du monde 2018 et 2022, respectivement à la Russie et au Qatar. A ce jour, seules six personnes à la FIFA ont lu ce rapport, dont n’a été présentée qu’un résumé expurgé. Le Ministère public de la Confédération (MPC), qui a saisi le rapport pour les besoins de son enquête, doit désormais donner son accord. Il le fera sans doute puisque son porte-parole André Marty a récemment déclaré à France Football que le MPC «en savait désormais davantage que le rapport Garcia».

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© JOHN MACDOUGALL