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Le Bernois Matthias Glarner, nouveau roi. (KEYSTONE/Jean-Christophe Bott)
© JEAN-CHRISTOPHE BOTT

Lutte suisse

Glarner Matthias, roi de la lutte

Le Bernois est le premier trentenaire à remporter une Fête fédérale depuis 1940. Il ne s’inquiète pas de son nouveau statut de star

Les spécialistes s’attendaient à ce qu’un Bernois trentenaire prénommé Matthias triomphe au bout de la passe finale d’Estavayer 2016, et ils avaient raison. Ou presque: ils misaient sur un deuxième sacre de Sempach Matthias – la coutume place toujours le prénom d’un lutteur après son nom – et ils ont assisté à celui de Glarner Matthias.

Professeur d’éducation physique après des études universitaires en sport, le nouveau roi de la lutte suisse réside à Heimberg. Tout près de là, son frère Stefan est footballeur professionnel au FC Thoune; il affrontait le FC Bâle pendant que son aîné signait l’exploit de sa vie. Sa sœur Katrin tape aussi dans le ballon, à Worb, en Ligue nationale B. Chez les Glarner, on hérite du goût du sport de haut niveau. Mais pas de titre de noblesse: sa couronne de roi, Matthias a été la chercher seul dans la sciure.

Pas un favori

Une surprise: le magazine spécialisé Schlussgang ne lui prêtait que 10% de chances d’atteindre la passe finale de la Fête fédérale, et 6% de devenir roi. Après la première journée de compétition, il avait beau figurer parmi les six lutteurs les mieux classés, il ne se trouvait toujours personne pour le voir aller au bout. Sempach Matthias accusait un peu de retard mais gardait la faveur de la cote aux côtés du colosse Stucki Christian (150 kilos pour près de deux mètres) et du prodige grison Orlik Armon (21 ans).

C’est contre ce dernier que le futur roi a disputé la passe finale, dimanche après-midi peu avant 17 heures. Le Grison a fait souffler un vent de fraîcheur dans la touffeur de la Broye, avec son style offensif, ses qualités athlétiques et la perspective de briser la domination bernoise sur la discipline. Orlik Armon semblait le mieux armé pour, comme dans la musique de Vangelis qui accompagnait l’arrivée au centre de l’arène des deux adversaires, conquérir le paradis. Sur le rond de sciure numéro 7, Orlik paraissait plus frais physiquement et se relevait toujours avant Glarner, mais l’affrontement s’éternisait. Des seize minutes de cette passe finale, il n’en restait plus que deux quand le Grison a tenté une ultime offensive et s’est fait contrer. Glarner Matthias avait su attendre son heure.

Une nouvelle vie

L’affirmation vaut pour la passe dont il est sorti roi comme pour sa carrière. Il a attendu ses 30 ans pour être sacré, ce qu’aucun lutteur n’avait fait depuis 1940. Mais les 108 couronnes, dont trois fédérales, conquises depuis ses débuts posent le colosse (1,86 mètre, 109 kilos). L’ancien roi Sempach Matthias n’en totalise «que» 100.

Pour son successeur et trois ans au moins, c’est une nouvelle vie qui commence. La Suisse alémanique fait des rois de la lutte des stars à part entière, avec les sollicitations médiatiques et publicitaires que cela implique. Le Bernois ne part pas de zéro: il compte déjà une dizaine de sponsors et un site internet qui montre sa capacité à soigner sa propre mise en scène. «Cela fait treize ou quatorze ans que je suis dans le milieu de la lutte, je suis préparé à ce qui m’arrive. Je n’ai pas peur», a-t-il assuré en début de soirée.

De leur côté, les 27 lutteurs de la délégation romande rêvaient de frapper un grand coup à domicile et décrocher entre une et trois couronnes. Dimanche, leurs espoirs ont fondu comme les bâtons de glaces sous le cagnard payernois: comme il y a trois ans à Berthoud, ils n’en ont obtenu aucune.


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