Sergueï Bubka junior, fils d’une légende du saut à la perche, a chuté jeudi matin du troisième ou quatrième étage – selon les sources – d’un immeuble parisien. Le jeune homme, dont la vie n’est plus en danger, bloqué dans la salle de bains, essayait de rejoindre ses amis par une fosse d’ascenseur. Que dire? On va croire à cette thèse; et espérer que le petit Thiago qu’Antonella Rocuzzo devrait mettre au monde ce week-end poursuivra un destin mieux équilibré – il sera à jamais le premier fils de Lionel Messi.

L’Argentin, en prévision de cette charge nouvelle, a fait comme Cristiano Ronaldo cet automne: il a obtenu une augmentation de salaire, lui qui était un peu «short» avec ses 10,5 millions d’euros annuels. Bref, les temps sont durs. Le froid s’invite, le pain vient à manquer et les oracles ont mal au bide rien qu’à lorgner l’horizon tourmenté d’une planète sport aux abois, avec tous ces loups qui hurlent autour. A la fin, seuls les plus forts s’en sortiront. Ou les plus malins. Ou les plus chanceux.

Le hockey sur glace helvétique, par exemple, patine comme par miracle sur les rives d’un âge d’or inattendu, quoique: le phénomène opère en moyenne tous les sept ans. Lock-out. Enfermer dehors, littéralement. Il s’agit d’une grève opposant outre-Atlantique joueurs et propriétaires de clubs, pas d’accord sur la façon de partager le pancake (la NHL génère 3,2 milliards de dollars par an). Conséquence: le championnat le plus prestigieux du monde est gelé. Merveilleux corollaire: désœuvrées, les stars viennent exercer leur talent sous nos latitudes, moyennant l’effort d’un mécène local. Comme si Messi et Ronaldo faisaient une pige à Sion ou Lucerne…

Les mercenaires sont déjà trois fois sept, avec leur crosse au ceinturon – Patrick Kane (Chicago Blackhawks) est venu avec sa maman, histoire de le surveiller dans cette ville de perdition qu’est Bienne. Depuis vendredi, avec l’arrivée de Dustin Brown (Los Angeles Kings) à Zurich, et celle de David Desharnais (Canadien de Montréal) à Fribourg, le plateau est complet.

Noël avant l’heure. Le problème, c’est qu’ils pourraient tous déguerpir. Championnat de magie ou soufflé qui retombe? A voir.

On appelle ça la glorieuse incertitude du sport; celle qui rebondit, certains matins, dans une cage d’ascenseur parisienne.