L'équipe suisse de Fed Cup est de retour parmi les seize meilleures formations de la planète, réunies sous le label «groupe mondial». C'est dans l'ordre des choses si l'on considère que la sélection peut compter sur trois joueuses classées aux 100 premiers rangs WTA. Finalement, les événements se sont déroulés de manière optimale, puisque la Suisse a assuré son retour parmi l'élite dès la troisième des cinq parties.

Le mérite en revient dans une large mesure à Patty Schnyder. La Bâloise a assumé son rôle de leader en gagnant ses deux matchs. Elle n'avait disputé qu'une rencontre depuis Roland-Garros et ce manque de compétition a naturellement été préjudiciable à la qualité de son jeu, encore assez irrégulier. Tant face à Tzipora Obziler (WTA 112), samedi, que face à Anna Pistolesi (WTA 27), dimanche, Patty Schnyder a éprouvé pas mal de peine à conclure, mais sans conséquences importantes, ce qui est de bon augure pour la suite d'une saison jusque-là en demi-teinte.

S'il était «prévu» que Patty Schnyder remporte au moins une de ces deux parties, la bonne surprise est venue de la jeune Myriam Casanova, 18 ans et 96e au classement WTA. Révélation d'une année 2002 au cours de laquelle elle avait passé du 352e au 54e rang mondial, la Saint-Galloise n'a pu confirmer cette fulgurante ascension, notamment en raison d'une surcharge pondérale qu'un régime strict et des examens médicaux approfondis n'ont pas suffi à résoudre. Alors que son physique n'est pas encore celui d'une sportive de pointe, Myriam Casanova a pratiqué un tennis aussi offensif qu'efficace, qui a laissé sans réplique la numéro un israélienne Anna Pistolesi. Cette victoire a donné raison à Zoltan Kuharszky: le capitaine de l'équipe suisse avait préféré la Saint-Galloise à Emmanuelle Gagliardi (WTA 61), pour des raisons tactiques.

La performance de Myriam Casanova peut donner des ambitions à ce groupe. D'autant qu'Emmanuelle Gagliardi vient d'engager un nouveau coach en la personne d'Arnaud Decugis, et que la prometteuse Timea Bacsinszky, 14 ans, pourrait bientôt rejoindre les rangs de la formation helvétique. Comme le déclare Zoltan Kuharszky, une place en demi-finales, dans un proche avenir, ne relève pas de l'utopie: «A part les Etats-Unis et la Belgique, toutes les nations sont à notre portée.»