Après quatre jours et un trou supplémentaire de compétition, trois joueurs ont eu une sérieuse chance de remporter l’Omega European Masters, dimanche. Le Nord-Irlandais Rory McIlroy, le Finlandais Kalle Samooja et le Suédois Sebastian Soderberg ont chacun fait face à un putt d’environ 2 mètres pour emporter la coupe et le chèque de 416 660 euros promis au vainqueur. Ce que seul Soderberg a réussi. Mais avant d’en arriver là, chacun des 156 participants a misé sur sa propre formule pour tenter de remporter le tournoi de Crans-sur-Sierre. Avec parfois de surprenantes armes fatales.

Se marier et déménager. Mike Lorenzo-Vera sortait de cinq semaines de vacances lorsqu’il a pris le départ de l’Omega Masters. Des congés un peu stressants, avec un mariage et un déménagement. En tête après un premier tour joué en 7, le Basque, qui tourne autour d’une première victoire sur le Tour, a révélé sa véritable arme fatale: «Avoir un super psychologue et le consulter extrêmement souvent. C’est comme ça que je peux me vider la tête.» Après avoir marqué le pas le vendredi (+2) et s’être bien repris samedi (-3), Lorenzo-Vera a conclu sa semaine valaisanne en 6e position, à un coup du play-off.

Jouer avec un putter à 30 francs. Tommy Fleetwood a joué l’Open de Crans avec un putter d’occasion que son caddy avait acheté sur eBay pour une centaine de francs. Résultat: l’Anglais n’a eu besoin que de 21 putts le jeudi, bouclé en -5, comme le vendredi, et suivi de -2 le samedi. Moins inspiré dimanche, le héros de la Ryder Cup 2018 finit 8e ex æquo, à deux coups du podium. Pas sûr que son putter ait été une si bonne affaire, finalement: son modèle est coté à 30 dollars, selon le guide de la valeur des clubs du Tour américain.

Attaquer au fer 2. Après un jeudi correct (69), Andrés Romero est parti à l’assaut du parcours vendredi, rendant la meilleure carte de sa carrière, de la journée et de la saison sur le Tour européen (61, 9 coups sous le par). Tournant de son tournoi: un fer 2 joué au départ du 6 le vendredi pour se placer à l’entrée du green de ce par 4 de 296 mètres. Six birdies suivront. En tête au départ du dimanche après un samedi solide (-4), l’Argentin s’est battu tout le dimanche, usant souvent de son fer fétiche sur les départs, avant d’être éliminé au 1er trou du play-off.

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Jouer avec un caddy qui ne connaît rien au golf. Lee Westwood emploie sa compagne Helen depuis qu’elle a remplacé son caddy habituel, malade, en septembre 2018. Considéré comme l’un des meilleurs golfeurs à n’avoir pas remporté de Major, il ne voit que des avantages à l’absence de compétence golfique de sa compagne: «Nous parlons de là où nous irons dîner, de nos prochaines vacances. Je m’occupe de calculer les distances et de choisir le club.» Seul bémol: sa caddy est réticente à ramasser les gros divots, de peur qu’ils contiennent des vers.

Etre Suisse. Aucun des huit Suisses qualifiés n’a passé le cut.

Etre une figure du tournoi. Avec ses cigares et son amour du vin rouge, Miguel Angel Jimenez déclenche l’hystérie valaisanne lors de ses apparitions à Crans. Pour sa 28e participation, l’Espagnol a joué son dernier tour en plus four (le pantalon de golf court) et en -1, pour un 23e rang final.

Avoir joué le pro-am avec un journaliste du «Temps». Après un premier tour en +2, Jorge Campillo aurait eu besoin de jouer -3 le vendredi pour passer le cut. C’est justement le score que l’Espagnol avait signé lorsque nous avons joué le pro-am du lundi avec lui. Est-ce à dire que la présence d’un journaliste du Temps lui a manqué le vendredi, qu’il a joué dans le par? Probablement pas.

Avoir gagné des Grand Chelem. Titulaire du Masters 2017, Sergio Garcia a été le seul vainqueur en Grand Chelem à avoir passé le cut. Parti dimanche matin avec 4 coups de retard, l’Espagnol aux 8 participations à la Ryder Cup, finit à la 23e place, à 5 coups du play-off. Danny Willett (Masters 2016) a raté le cut d’un coup, tandis que Padraig Harrington (deux British Open et un PGA Championship) est rentré en Irlande vendredi soir, sur un score de +4. Trevor Immelman (Masters 2008) en a pour sa part terminé à +9 vendredi soir.

Etre le meilleur joueur du monde. Rory McIlroy a été l’attraction du tournoi valaisan. Après avoir remporté la finale du championnat américain une semaine auparavant, le Nord-Irlandais a fait preuve d’une solidité à (presque) toute épreuve jusqu’au 18 du dimanche. Après avoir envoyé son départ près de la plaque commémorant le coup mémorable de Seve Ballesteros en 1993, le numéro deux mondial a sauvé le par pour intégrer le play-off. Et s’y incliner finalement en ratant un putt rentrable – comme en 2008.

Avoir un surnom de poisson. Classé 287e mondial et 47e européen, Sebastian Söderberg a remporté dimanche son premier tournoi au plus haut niveau européen. Surnommé «sea bass» (bar) pour sa ressemblance présumée avec un personnage du film Dumb & Dumber, le Suédois de 29 ans a enchaîné 5 birdies consécutifs entre le 10 et le 14 dimanche, avant d’enquiller un putt crucial au 1er trou de play-off pour mettre tout le monde d’accord à Crans.