Rod Laver est pointilleux. Et surtout pas prêt à se laisser détrôner. Le légendaire Australien a tenu à clarifier les choses: «Si Rafael Nadal gagne l’Open d’Australie et, par conséquent, un quatrième Majeur d’affilée, ce serait un remarquable effort, mais ce ne serait pas le Grand Chelem.» Par définition, le Grand Chelem consiste à remporter l’Open d’Australie, Roland-Garros, Wimbledon et l’US Open la même année. Laver l’avait réalisé en 1962 et en 1969. Et personne, depuis, n’y est parvenu.

Quel nom faudrait-il donner à la performance historique de l’Espagnol s’il parvenait à s’imposer et à remporter les quatre Grands Chelems, certes pas la même année, mais néanmoins consécutivement? Les Anglo-Saxons ont conclu ce débat sémantique en adoptant le terme de «Rafa Slam» (le Chelem de Rafa). «Je n’ai pas vraiment suivi le débat, avoue Federer. Pour moi le Grand Chelem, c’est sur une même année. Mais si quelqu’un, Rafa ou un autre, devait le réaliser dans un autre ordre, ce serait incroyable en soi. Peu importe l’appellation.» Effectivement, peu importe. L’exploit serait de taille et inédit. A l’époque, Rod Laver avait réalisé le Grand Chelem en jouant trois des quatre tournois sur gazon. Comme le souligne Federer, avoir déjà réussi, comme Nadal, à enchaîner trois victoires sur trois surfaces différentes est prodigieux.