«Héros», «Capitaine Invincible»… la presse dominicale britannique ne trouvait pas de mots assez forts pour rendre hommage à Martin Johnson, deuxième ligne et capitaine de l'équipe d'Angleterre de rugby championne du monde en novembre, qui a pris samedi sa retraite internationale.

«Capitaine Invincible fait ses adieux au bon moment», titrait le journal The Independent. Martin Johnson, un monument du rugby qui fait l'unanimité en sa faveur, a tiré, selon les chroniqueurs du ballon ovale, sa révérence alors qu'il était «au sommet». Le nombre de succès du XV de la Rose sous son capitanat (34 victoires en 39 rencontres, sur 84 sélections), selon ces mêmes experts, montre à quel point il manquera.

Taciturne mais charismatique

«Martin Johnson va laisser un grand vide», pouvait-on lire dans The Observer, sous la plume d'Eddie Butler. «Outre la dimension physique d'un des plus grands joueurs de rugby, il y avait aussi sa dimension culturelle.»

«Johnson ne parlait pas beaucoup, mais sa seule présence suffisait à remplir une pièce. Maintenant, il s'est exprimé, et l'Angleterre est orpheline», concluait Butler, dont les propos étaient empreints d'une profonde tristesse.

L'éloge venait aussi de ses pairs, tant coéquipiers qu'adversaires. «Ce que je retiendrai, c'est l'image du combattant, de quelqu'un assoiffé de victoires, plus que quiconque», estimait le troisième ligne anglais Laurence Dallaglio dans le Sunday Times. «Les gens ont toujours sous-estimé son intelligence», ajoutait son coéquipier et prédécesseur au poste de capitaine.

«Adieu Martin, plus grand deuxième ligne de l'histoire, plus grand leader de l'Angleterre. Cela a été un plaisir pour les supporteurs d'Angleterre, et un cauchemar pour tous ceux contre lesquels il a joué», déclarait, également dans le Sunday Times, l'ouvreur gallois Stephen Jones. «Et voilà, le grand gaillard est parti. Mais, soyez-en sûrs, il ne sera jamais oublié», écrivait The Mail.