Le premier match du Lausanne-Sports au Hardturm de Zurich, hier soir, a duré deux minutes de trop. Les deux dernières, au cours desquelles les joueurs de Grasshoppers ont arraché in extremis le match nul 1-1, grâce à un but de Ricardo Cabanas obtenu après une véritable partie de billard dans la zone de défense lausannoise.

Certes, les premières alertes de la rencontre avaient été zurichoises. Après moins de cinq minutes de jeu, sur un déboulé côté droit, Avraham Tikva prenait toute la défense adverse de vitesse mais échouait sur Eric Rapo, le gardien lausannois, qui interceptait son centre tendu. A la 8e minute, c'était au tour de Boris Smilijanic d'éliminer son adversaire direct à l'entrée de la surface. Celui-ci, à terre, renvoyait le centre du Zurichois. Après l'heure des alertes était même venue celle des véritables occasions pour GC. Sur la première, Patrick De Napoli lancé à toute vitesse dans l'axe, trouvait une nouvelle fois Eric Rapo à mi-zone, spectaculairement sorti à sa rencontre. Dans sa course, l'attaquant zurichois ira atterrir sans dommages dans les barrières. Sur la deuxième, le remplaçant de Martin Brunner capte un centre à ras de terre.

Mais à aucun moment en cette première période pourtant copieusement dominée, les Zurichois n'ont réussi à franchir une défense lausannoise fébrile. Signe de leurs velléités offensives: le nombre important de hors-jeu sifflés contre des attaquants jouant toujours sur le fil de la défense adverse, prêts à piquer sur le but à la moindre occasion. A ce moment du match, Lausanne n'a pas le tranchant de son adversaire et perd beaucoup de ballons sur le front de l'attaque. Dommage car Armen Shahgeldyan et Cédric Horjak, la nouvelle recrue en provenance de Saint-Etienne, s'amusent à mettre le feu au couloir droit de l'attaque lausannoise: passes dans la profondeur, une-deux, talonnades… Bien souvent, la réaction lausannoise vient par eux. Pire, ce sont leurs adversaires lausannois qui ouvrent la marque en début de seconde mi-temps (52e minute). Armen Shahgeldyan hérite à l'entrée de la surface de réparation d'un ballon qu'il expédie d'une frappe puissante au fond des filets zurichois. Un peu contre le cours du jeu, se dit-on alors. Même pas. A partir de ce moment, ce sont les Vaudois, mieux organisés et moins fébriles, qui font le jeu, au point de laisser croire que le gain du match sera pour eux. Les nouvelles recrues, entrées en cours de jeu, le laissent penser un instant. Jusqu'à la 88e minute. GC s'en tire à bon compte. Lausanne aussi.