Au regard des palmarès de Grasshopper et Wil, la finale de la Coupe de Suisse, lundi à Bâle (15 heures), devrait se jouer à sens unique. Les Zurichois participeront en effet pour la 31e fois au dernier acte de la compétition – avec 18 succès, un record –, alors que les Saint-Gallois atteignent pour la première fois ce stade. Cette saison pourtant, l'écart entre les deux clubs n'est pas aussi important que la tradition et la valeur des contingents respectifs ne pouvaient le laisser supposer. En championnat, Grasshopper ne compte que 8 points d'avance sur Wil, qu'il n'a battu qu'une fois, contre deux défaites. Le succès des Saint-Gallois au mois d'octobre avait marqué la fin du règne de Marcel Koller sur le banc des «Sauterelles». Même sous la houlette de son successeur Alain Geiger, GC s'est incliné au Hardturm (1-2) le 21 mars.

Pour l'entraîneur valaisan, qui a déjà participé à sept finales de Coupe en tant que joueur (quatre avec Servette et trois avec Sion) cela ne représentera pas un problème. «Tous mes hommes sont gonflés à bloc. Dans ce groupe, aucun joueur n'a remporté la Coupe.»

La Coupe de l'UEFA comme objectif

C'est d'ailleurs dans cette compétition que Grasshopper a réalisé ses meilleures performances, en s'imposant à Neuchâtel, puis en battant Bâle et Zurich. «La Coupe a quelque chose de magique. Et nous sommes tous conscients qu'une victoire nous qualifierait pour la Coupe de l'UEFA» lance le mentor des Zurichois. Geiger a un autre motif d'être optimiste: son infirmerie se vide progressivement. Cabanas, Eduardo et Gamboa seront de retour. Les seuls absents seront Schwegler, Denicolà et Petric. Il y a deux semaines contre Servette, GC dénombrait neuf forfaits!

Wil, en revanche, n'aborde pas l'événement le plus important de son histoire dans la sérénité. Certes, la situation interne a été clarifiée avec le retrait des Ukrainiens, qui conservent les actions du club, mais n'interviennent plus dans le fonctionnement de la première équipe. Mais les problèmes financiers demeurent – Wil est en sursis concordataire – et, sportivement, rien ne va plus.

«Cette finale tombe assez mal, reconnaît l'entraîneur-adjoint Stephan Lehmann, qui en a disputé cinq en tant que joueur (quatre gagnées avec Sion, une perdue avec Schaffhouse), parce que nous connaissons de gros problèmes de contingent.» Jeudi, lors du derby saint-gallois, seuls neuf joueurs de la première équipe étaient aptes. «J'ai la sensation que Wil dérange en Super League, a déclaré l'ancien gardien du FC Sion. La Ligue refuse la qualification de plusieurs joueurs qui appartiennent au club. Et le cas Nushi est emblématique: notre attaquant a été suspendu sur la base des images TV, alors que Zellweger, qui l'a provoqué, n'a pas été sanctionné.»