Tennis

A Gstaad, Henri Laaksonen rêve d’aller encore plus haut

Le numéro 3 suisse est entré dans le top 100 le 17 juillet dernier. Il ne veut pas s’arrêter en si bon chemin

L’événement a été éclipsé par le dernier exploit de Roger Federer mais c’est le lot de tous les joueurs de tennis suisses au XXIe siècle. Le 17 juillet, au lendemain du sacre de King Roger à Wimbledon, Henri Laaksonen est devenu le 11e Suisse à entrer dans le top 100 du classement ATP. Le Schaffhousois (25 ans) a confirmé derrière au tournoi de Bastad en parvenant pour la première fois en quart de finale d’un tournoi ATP. Cette fois, Federer était en vacances. L’exploit aurait été encore plus retentissant s’il avait concrétisé l’une de ses deux balles de match obtenues face à l’Espagnol David Ferrer, valeur sûre du circuit et futur vainqueur du tournoi.

De Bastad, Suède, à Gstaad, Oberland bernois, Henri Laaksonen est désormais un joueur à qui l’on prête de l’attention. Lundi, pour sa conférence de presse de présentation, il y avait une dizaine de journalistes, presque autant que pour la tête d’affiche de cette épreuve ATP 250, le Belge David Goffin. Sans surprise, celui qui est solidement installé au troisième rang national derrière Roger Federer et Stan Wawrinka espère continuer sur sa lancée. «Etre dans le top 100 a toujours été mon rêve, je l’ai atteint, explique Henri Laaksonen en allemand. Maintenant, je dois viser de nouveaux objectifs, je dois améliorer mon tennis et ensuite si j’arrive à le faire, je crois que j’aurai le potentiel pour assurer ma position dans le top 100. Peut-être que 95e sera mon meilleur ranking, mais quand j’y pense je me dis que je pourrais être plus haut.»

Une progression linéaire

Le Schaffhousois affirme que son entrée dans le cercle fermé du top 100 du tennis ne doit rien au hasard. «Mon classement a varié tout le temps. J’ai eu des bons comme des mauvais tournois, mais dernièrement j’ai commencé à améliorer à nouveau mon jeu. Ma place actuelle, c’est la conséquence d’un dur travail que j’ai fait avec mon équipe. Il n’y a pas eu un déclic qui m’a fait passer de la 400e à la 100e place. Mais ça me convient comme ça. Aussi longtemps que je ferai des progrès, je serai content.»

Les progrès, le jeune joueur originaire de Schaffhouse en a fait beaucoup depuis le début de l’année. Il collectionne désormais les premières fois. En mars, à Indian Wells, il obtient pour la première fois sa qualification dans le tableau principal d’un Masters 1000. Début juillet à Wimbledon, où il est qualifié directement, il dispute son premier match en Grand Chelem (défaite en quatre sets face au Tchèque Lukas Rosol). Dans ce mois de juillet fabuleux, au tournoi de Bastad, il a battu Pablo Cuevas, classé 29e à l’ATP, avant de faire jeu égal avec Ferrer.

Henri Laaksonen ne veut pas en rester là. «Maintenant, je ne veux pas me croiser les bras, je vise le top 50», disait-il au début du mois. On peut le croire. Connu pour sa persévérance et son ardeur à la tâche, il a passé l’an dernier 40 semaines sur le circuit. «C’est un peu trop, reconnaît-il. Cette année, j’aimerais jouer trois ou quatre tournois de moins.» Son classement lui garantit déjà de participer à l’US Open fin août. «Je me réjouis d’être dans le tableau principal de ce grand tournoi», commente-t-il sobrement.

A Gstaad, il se sent prêt et motivé pour bien faire. Le tournoi de l’Oberland bernois lui est cher même s’il n’a pas de résidence en Suisse, vu qu’il est très souvent sur le circuit. «Mais j’ai mes grands-parents à Schaffhouse», s’empresse-t-il d’ajouter. Suisse par son père (l’ancien joueur tessinois Sandro Della Piana), il est né et a grandi en Finlande, le pays de sa mère. Il ne représente la Suisse que depuis 2011, et a souvent «assuré» en Coupe Davis lorsqu’il était promu numéro 1 en l’absence de Federer et Wawrinka.

Henri Laaksonen essayera cette semaine de vaincre la «malédiction» qui le frappe lorsqu’il évolue en Suisse: en douze participations dans un tableau principal à Gstaad, Bâle ou Genève, il n’a gagné que deux matches au total. Son premier tour s’annonce compliqué puisqu’il affrontera le Brésilien Thomaz Bellucci (69e mondial), qui possède la particularité inverse d’avoir remporté trois tournois en Suisse (Gstaad 2009 et 2012, Genève 2015).

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