Marc Rosset est l'homme le plus imprévisible qui soit. Voilà un joueur qui, après un début de saison plus que satisfaisant, sombre dans la méforme la plus complète. Vainqueur à Saint-Pétersbourg, il a battu depuis Canas à Copenhague, Pozzi en Coupe Davis à Neuchâtel, Haarhuis à Hambourg et Hipfl à Wimbledon. A part cela, rien. Si l'on résume, le bilan est plutôt maigre avec quatre victoires seulement et un unique succès obtenu sur terre battue. Il ne s'agit assurément pas de la meilleure préparation avant d'aborder un tournoi qui se dispute sur cette surface devant son propre public.

Le sort s'en mêle en désignant à Rosset, Greg Rusedski, douzième joueur mondial et tête de série numéro quatre du tableau, comme premier adversaire. L'Anglais d'origine canadienne effectue certes cette année ses débuts à Gstaad et ne peut être considéré comme un spécialiste de la terre battue mais il est parvenu récemment à atteindre le quatrième tour à Roland Garros et, en altitude, son service peut se révéler une arme efficace. Malgré tous ces éléments défavorables, Marc Rosset s'est imposé. Avec la manière. On aurait pu s'attendre à voir un champion fragilisé, prêt à s'écrouler au moindre coup dur. Tel n'a pas été le cas. Confronté à une balle de set au dixième jeu de la manche initiale, le Genevois a sorti un service gagnant avec beaucoup d'à-propos et s'est imposé avec autorité dans le jeu décisif qui a suivi. En dépit de la perte du deuxième set, conclu également par un tie-break, Rosset est resté dans la partie et, en se saisissant d'emblée de la mise en jeu de son rival dans la manche finale, il s'est assuré un avantage déterminant. Opposé à Arnaud Di Pasquale au prochain tour, le numéro un helvétique a sans aucun doute un rôle intéressant à jouer dans une partie privée de sa tête de série principale, Alex Corretja, forfait pour cause de blessure. Sans coach, il se dit plus responsable sur le court, et il faut espérer que cette option se révélera efficace sur la longueur.

Impressionnant, Marc Rosset a été le seul Helvète à se mettre en évidence. Comme Lorenzo Manta la veille, George Bastl et Roger Federer ont déçu alors que leur tirage semblait plus favorable que celui du Genevois. Bastl, qui a eu quelques occasions, a manqué d'opportunisme tandis que Federer est totalement passé à côté d'une rencontre interrompue par la pluie et terminée en fin de journée.