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Viktorija Golubic, une battante.
© FABRICE COFFRINI

Tennis

A Gstaad, Viktorija Golubic remporte le premier titre de sa carrière

La Zurichoise de 23 ans a dominé la Néerlandaise Kiki Bertens en finale de la première édition du Ladies Championship. Une victoire inattendue, mais tellement belle

Première demi-finale. Première finale. Premier titre. A 23 ans, Viktorija Golubic vient de vivre le plus beau week-end de sa jeune carrière à Gstaad, où un tournoi de tennis féminin était organisé pour la première fois depuis 1983. Elle s’est imposée en trois sets (3-6 6-2 6-4) face à la Néerlandaise Kiki Bertens, 26e joueuse mondiale et favorite, au bout d’une prestation fantastique d’abnégation.

«Ma capacité à me battre fait partie de mes principales qualités, relevait-elle, à chaud, après la rencontre, lors de l’interview officielle. Moi-même je ne sais pas où j’ai été chercher tout ça.»

Dans les derniers jeux, elle tirait physiquement sur la corde. Elle puisait dans ses réserves. Ces victoires-là, au bout de soi-même et du suspense, sont sans doute les plus belles. Surtout lorsqu’il y a un titre au bout. Surtout quand c’est le premier. Surtout quand il permet de donner un grand coup de pied dans la porte et d’entrer dans le cercle des cent meilleures joueuses du monde.

C’est ce que racontait le magnifique sourire de la Zurichoise après deux heures de jeu. Mais ce n’était pas forcément Viktorija Golubic (WTA 105, 104 en juin pour son meilleur classement en carrière) qu’on attendait là, jubilant sur la terre battue de l’Oberland bernois.

Bacsinszky, stoppée en demi

En début de semaine, il n’y en avait – fort logiquement – que pour Timea Bacsinszky. La Vaudoise, matricule 17 de la hiérarchie WTA, avait accepté d’être l’ambassadrice de la première édition du Ladies Championship de Gstaad. Elle en était de surcroît la tête de série numéro 1. Et donc, quelque part, la favorite légitime. Mais elle a dû s'avouer vaincue en demi-finale. «Cela va être un grand challenge personnel, lançait-elle avant le début du tournoi. Je ne vais pas chercher à être brillante, mais efficace. Ce n’est pas si souvent que j’ai l’occasion de jouer devant le public suisse.»

La fois précédente, en demi-finale de la Coupe Davis à Lucerne en avril, la joueuse de Belmont devait incarner les espoirs suisses en l’absence de Belinda Bencic, mais elle était passée à côté de ses deux simples. Si la Pologne avait dû attendre le double pour faire la différence, c’est parce qu’une certaine Viktorija Golubic avait maintenu l’équipe du capitaine Heinz Gündthardt à flot.

Le grand public avait alors découvert la Zurichoise de 23 ans, aucun fait d’armes majeur dans les tournois WTA à son actif et un classement anonyme au-delà de la centième place mondiale. Une battante, tenace, pugnace, qui valait peut-être mieux que ce que son palmarès vierge et ses statistiques racontaient d’elle.

Pas de finale 100% suisse

Pas de quoi en faire l’attraction attendue du tournoi de Gstaad, par rapport à la participation de Timea Bacsinszky, au retour dans un tournoi WTA de la Bâloise Patty Schnyder (37 ans) ou encore aux débuts sur le circuit de la jeune Rebeka Masarova (16 ans), championne juniors de Roland-Garros il y a peu.

Et pourtant, c’est bien Viktorija Golubic qui a amené la Suisse en finale, dimanche. Elle aurait pu y rencontrer Timea Bacsinszky – qui sera sa partenaire de double aux Jeux olympiques de Rio – pour la première finale 100% helvétique de l’histoire de la WTA, mais la Néerlandaise Kiki Bertens en a décidé autrement samedi au bout d’une folle journée.

Avec le retard pris en début de semaine à cause de la pluie, les joueuses ont dû disputer les quarts le matin et les demis l’après-midi. Dans ces conditions, l’expérience de Golubic a fait la différence face à la jeunesse de Masarova, qui deviendra extrêmement dangereuse lorsqu’elle parviendra à maîtriser parfaitement la puissance de son service. L’ancienne numéro 1 mondiale serbe Jelena Jankovic en a eu un avant-goût dès le premier tour…

Première à faire le break

En finale dimanche à la mi-journée, Viktorija Golubic était sans doute quelque peu émoussée physiquement. Mais elle a abordé le match sans se formaliser d’atteindre ce stade d’un tournoi WTA pour la première fois. Elle était la première à réussir un break dans le premier set; ce qui a surtout eu pour conséquence de réveiller son adversaire, qui la balayait alors et s’imposait 6-3.

Mais la Zurichoise n’est pas joueuse à s’avouer vaincue: elle revenait plus déterminée que jamais dans la deuxième manche, partout sur le court, à la fois brillante en défense et régulièrement inspirée à la conclusion lorsque Kiki Bertens s’enlisait dans l’échange. Elle remportait le deuxième set 6-3 et restait dans la partie.

La dernière manche fut la plus serrée. La plus incertaine. Mais un ultime renvoi et une balle qui a semblé surprendre la Néerlandaise et Viktorija Golubic pouvait lancer sa raquette, se laisser tomber en arrière sous l'ovation du public. Et sourire.

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