La semaine prochaine, comme tous les ans, Steve Guerdat sera le chouchou du public du CSI de Genève. Faisant fleurir les banderoles et titillant les cordes vocales de hordes d'adolescentes prépubères, qui déchireront fébrilement leur programme pour en faire des confettis. Un spectacle auquel le cavalier de 26 ans, malgré l'air sérieux dont il se départit rarement, n'est pas indifférent. «Le public de Genève m'a adopté dès mon plus jeune âge. Quand j'entre en piste, je ressens ici quelque chose d'indescriptible.»

L'appétit vient en mangeant et le champion suisse en titre frôle l'indigestion après une année 2008 riche en résultats de choix. Récent vainqueur du Grand Prix de Lyon puis 2e des étapes de Vérone et Stuttgart, Steve Guerdat occupe actuellement la tête du classement provisoire de la Coupe du monde. Tant mieux. Mais son véritable objectif, en cette fin d'année, c'est bien Genève. «Ce concours représente quelque chose d'énorme pour moi. Je vais tout faire pour gagner. Que ce soit dans l'épreuve qualificative du vendredi, dans le défi des champions ou dans l'étape de la Coupe du monde de dimanche.» Un objectif réaliste, vu que Steve s'est déjà imposé dans deux de ces trois épreuves (la troisième vit cette année sa première édition). Et qu'il a dans ses écuries des atouts non négligeables.

Des montures performantes

Jalisca Solier, la jument vedette de Steve Guerdat, a été spécialement ménagée pour le concours de Genève. Elle sera encadrée par Ferrari, avec lequel le Jurassien a remporté le dernier Championnat suisse, et Trésor ou Kadordu Vallon. «Il y a deux ans, mes chevaux étaient encore un peu jeunes, mais il en sont actuellement à un stade où ils peuvent tous gagner des Grands Prix.» Des victoires, il en faudra pour permettre à Steve de satisfaire ses ambitions. La timidité du cavalier cache un appétit audacieux: «Mon objectif principal est de devenir numéro un mondial.»

Le Jurassien occupe actuellement le 12e rang, ce qui lui a valu, grâce à quelques défections, de prendre part, à Bruxelles, à sa première finale du top ten. Mais à Genève comme à l'étranger, il doit affronter une concurrence des plus tenaces. A commencer par la numéro un mondiale au sourire «pepsodent», Meredith Michaels Beerbaum et son inégalable Shutterfly. «Le cheval a une longue saison dans les jambes mais il est toujours au top. Ils restent le couple à battre.» A Palexpo comme à l'avenir, la bataille sera rude pour l'ambitieux champion.