La saga estivale a donc pris fin. Aujourd'hui, Hakan Yakin va signer un contrat de quatre ans le liant avec le Paris Saint-Germain, mettant ainsi un terme à une longue histoire aux multiples rebondissements. Une histoire qui trouve sa genèse voilà plus de deux ans, lors du transfert du milieu de terrain de Grasshoppers à Bâle. A cette époque, le président Jaeggi – aujourd'hui à la tête de Kaiserslautern – accepte d'insérer une clause dans le contrat de son nouveau meneur de jeu, laquelle autorise le joueur à négocier un départ à l'étranger du 1er janvier au 15 juillet 2003 pour un montant arrêté à 1,7 million d'euros. La modique somme de transfert d'alors versée à GC – 225 000 francs suisses – explique l'existence de cette clause relativement insolite dans le milieu du football.

«Le club n'aurait jamais dû accepter une telle exigence, a expliqué Christian Gross au Temps, l'entraîneur déçu et courroucé du FCB. Durant six mois, Hakan a été au centre de discussions, rumeurs et bruits divers, ce qui n'est pas bon tant pour le joueur que pour le club. Sans parler de la somme fixée, qui ne correspond pas à la valeur du joueur sur le marché.»

Normalement, le feuilleton Hakan Yakin aurait dû trouver son épilogue au mois de mars déjà. A cette époque, un accord entre le joueur et le président de l'Atletico Madrid, Gil y Gil, avait été trouvé. Du coup, les discussions avec Liverpool et Celtic furent rompues. Un choix qui pouvait paraître osé, le club madrilène et son truculent président occupant plus souvent la rubrique des faits divers que celle des sports. Mais dans son for intérieur, Hakan Yakin ne voulait pas entendre parler d'un transfert vers le riche Championnat d'Angleterre ou dans le nord de l'Europe. Son tempérament et ses origines latines le poussaient tout naturellement vers l'Espagne ou la France.

En mars, l'affaire était classée, donc. Voire. A nouveau rattrapé par ses soucis juridiques et financiers, le président de l'Atletico Madrid n'a pu donner suite à l'accord passé avec Hakan Yakin. Sentant le vent tourner, ce dernier a dû alors relancer son manager et demi-frère Ertan Irizik afin qu'il lui trouve une autre porte de sortie.

C'est au mois de juin que Paris rentre en scène. Fraîchement arrivé au poste d'entraîneur du Paris Saint-Germain, Vahid Halilhodzic est alors confronté au cas Ronaldinho. L'entraîneur bosniaque veut conserver sa star brésilienne coûte que coûte, mais le champion du monde reste de marbre dans son refus de jouer une saison de plus avec le club de la capitale française. Il veut partir, et il partira. Parallèlement, les premiers contacts avec Hakan Yakin ont lieu. Il faut faire vite, la date butoir étant fixée au 15 juillet (toujours cette fameuse clause). Passé ce délai, le cadet des Yakin coûtera bien plus cher au club qui désirerait l'acquérir. Mais voilà, le transfert de Ronaldinho s'éternise, Manchester United et Barcelone se déchirant pour arracher la perle au PSG.

Ayant compris que Ronaldinho n'allait pas rester, Halilodzic tente de garder Hakan Yakin au «chaud». Placé sous recrutement contrôlé par l'autorité de surveillance de la Ligue française de football (DNCG), le PSG doit vendre avant d'acheter. Mais ce fameux 15 juillet, toujours pas de transfert pour Ronaldinho. Du coup, la presse annonce que Hakan Yakin va rester à Bâle. Pris entre deux feux, mis sous pression par Christian Gross et Gigi Oeri, la vice-présidente, mécène et responsable des transferts du FC Bâle, l'international confirme à demi-mot.

Quelques jours plus tard, Ronaldinho signe au Barcelone, ouvrant la voie au passage de Yakin à Paris. Mais la date butoir a été dépassée, et le FC Bâle ne veut plus libérer son joueur aux conditions fixées par la clause. S'ensuit une passe d'armes au terme de laquelle le FC Bâle finit par assouplir sa position, se rendant compte de la volonté de son gaucher de quitter le club. Les sifflets qui l'ont accueilli samedi au stade Saint-Jacques l'ont définitivement convaincu de s'en aller, au grand dam de Christian Gross. «J'ai tenté de le convaincre de rester. Selon moi, il part au mauvais moment. A Paris, il va trouver un environnement moins stable qu'à Bâle, ce qui pourrait lui poser quelques soucis par rapport aux échéances cruciales qui l'attendent avec l'équipe nationale. C'est mon opinion, mais je respecte le choix du joueur. Il ne faut pas oublier ce qu'il a fait ici.»

La hache de guerre est enterrée. Jusqu'à quand? A Paris, Vahid Halilhodzic ne cache pas son admiration pour un autre Yakin, Murat de son prénom… Dans les colonnes de L'Equipe, il a confirmé son intérêt pour le défenseur bâlois, lui qui a laissé partir cet été Maurizio Pochettino, arrière international argentin. Mais comme pour la saga Ronaldinho, la transaction est liée à un autre départ de Paris, celui de Gabriel Heinze. Convoité par Barcelone, le défenseur argentin a déclaré hier vouloir rester. Il y a deux semaines, Hakan Yakin faisait la même promesse. Vous connaissez la suite…