«Même si je n’ai jamais soulevé le trophée de la Coupe du monde, les finales de 1982 et 1986 [perdues contre l’Italie et l’Argentine] restent mes meilleurs moments. Je me rappelle de chaque seconde, du trajet en bus vers le stade jusqu’à la fin du match, et des sentiments qui m’ont traversé l’esprit à ce moment-là.»

A 56 ans, Harald Anton Schumacher, dit Toni – sobriquet issu de son second prénom –, ex-portier de l’équipe d’Allemagne, se souvient-il avec autant de précision de son agression pieds et poings en avant, perpétrée à l’encontre du défenseur français Patrick Battiston (photo) qui se présentait seul devant lui lors de la demi-finale de 1982 à Séville? Agression au demeurant impunie côté arbitral. Dents et côtes cassés, commotion, hôpital pour Battiston, ce n’était pourtant pas joli, joli…

«Si j’étais encore gardien aujourd’hui, je quitterais mon but de la même façon», persiste le coupable sur le site de la FIFA. «Je changerais une chose cependant: mon comportement pendant les soins et après la rencontre. Il n’a pas été correct.» Plus tard, Toni s’excusera auprès de sa victime, qui lui pardonnera son geste d’une violence inouïe. Ce qui ne l’empêche nullement d’ajouter: «Je ne suis pas quelqu’un qui regrette son passé. A posteriori, on aurait toujours pu agir autrement, mais pas sur l’instant. A l’époque, j’étais livré à moi-même, sans coach assistant ni psychologue pour me conseiller et m’aider à gérer mon stress.»

Après la publication de sa biographie Anpfiff (Coup de sifflet, 1987), puis trois jobs d’entraîneur pas vraiment fructueux, Harald Schumacher occupe depuis 2004 la direction de l’agence de marketing sportif Sportsfirst, laquelle travaille avec le club de Schalke 04 et la Fédération allemande. Il en est heureux, car il peut enfin vivre en famille. «Si je devais revenir en arrière, ce serait pour passer davantage de temps avec mes trois enfants. C’était impossible pendant ma carrière de joueur. Ça, je le regrette.» Cœur d’artichaut, le bouillant Toni?