Haris Seferovic au Benfica Lisbonne: le pari semblait un peu fou. D’un côté, un attaquant combatif mais peu prolifique, peinant à s’imposer complètement dans une équipe, l’Eintracht Francfort, de milieu voire bas de classement de première division allemande.

De l’autre, un grand club restant sur quatre titres consécutifs de champion du Portugal, habitué à participer à la Ligue des champions. Pour la plupart des observateurs, difficile d’imaginer pour l’avant-centre suisse un autre rôle que celui de faire-valoir au sein de la grosse machine lisboète, dont le contingent pléthorique ne compte pas moins de treize attaquants…

Trois matches, trois buts

Le Lucernois de 25 ans est pourtant bien parti pour donner tort à ses détracteurs. Depuis le début de la saison, il fait la paire avec le Brésilien Jonas à la pointe de l’attaque du Benfica et se montre décisif. Trois matches disputés, autant de buts marqués. C’est autant qu’en 25 matches de Bundesliga la saison dernière.

Autant que lors de chacun de ses passages à Grasshopper, à la Fiorentina, à Lecce, à Neuchâtel Xamax et à la Real Sociedad. Même en équipe nationale, aligné en pointe, il passe davantage pour un bon travailleur que pour un grand buteur (huit réalisations en 41 sélections).

Contexte différent

Au Portugal, le voilà parti sur des bases complètement différentes. Le principal intéressé semblait s’y attendre. «Le Benfica est différent de la plupart des clubs où je suis passé, où j’avais peu de ballons et peu d’occasions de marquer, expliquait-il au quotidien A Bola. Je devais tout le temps aller chercher le ballon. Là, l’équipe a le ballon, avec d’excellents joueurs pour servir les attaquants. Pour cette raison, je pense que je peux marquer plus de buts que par le passé.»

C’est aussi l’avis de Nuno Félix, un scout portugais notamment actif en Allemagne, cité par le Diario de Noticias: «Seferovic est un joueur intelligent qui lit très bien le jeu. Mais je crois aussi qu’il peut être plus efficace au Portugal, car il sera libéré de certaines caractéristiques propres au championnat allemand comme le travail physique. Au Benfica, il aura plus d’occasions et je suis convaincu que son impact sera positif.»

En octobre, la Seleção accueillera la Nati dans le cadre des éliminatoires pour la Coupe du monde 2018. Si d’ici là Haris Seferovic confirme sa renaissance de chasseur de buts sur les terrains portugais, le sélectionneur suisse Vladimir Petkovic ne s’en plaindra pas. Le public portugais, par contre…

Lire aussi: A Francfort, un Suisse pour un autre