N'en déplaise aux grincheux, et à moins d'une volte-face du CIO qui mettrait sérieusement à mal sa crédibilité, le 1er août 2000 est sans doute un jour historique dans la lutte contre le dopage. Historique, parce que les chercheurs planchaient depuis le début des années 90 sur la détection de l'EPO, et que cette hormone leur échappait avec un malin plaisir. Historique, parce que de nouveaux produits plus sophistiqués arrivent régulièrement sur le marché des dopants, mais que de nombreux sportifs continuent d'avoir recours à l'EPO dans les disciplines d'endurance. Historique, parce que, pour la première fois dans l'histoire des JO, des contrôles sanguins vont être effectués, et qu'il s'agit là d'un signal fort envoyé aux tricheurs.

Mais cette réunion lausannoise, de même que tous les efforts fournis par les scientifiques depuis quelques semaines, amène un espoir encore plus important que cette succession de pas en avant. Elle prouve qu'en bousculant un peu les habitudes du milieu scientifique – «la science n'a pas l'habitude d'évoluer dans la précipitation et l'urgence», rappelait dimanche le patron du laboratoire de Châtenay-Malabry –, mais aussi avec une réelle volonté du monde sportif d'enclencher le turbo, la lutte contre le dopage peut avancer plus vite que tous les tricheurs n'osaient l'imaginer.

Mais il ne faut pas se leurrer: les dopés auront toujours une guerre et un produit d'avance sur les chercheurs, d'autant que les autorités sportives ne peuvent pas se permettre juridiquement d'introduire un test non fiable à 100%. Mais ce sprint soudain, même dû à la concordance de la proximité des JO et de l'apparition de deux méthodes de détection de l'EPO, est de bon augure pour la suite du combat. Et Dieu sait s'il ne fait que commencer.

F. D.