Mondiaux

En hockey, la mystique de la Sbornaja agit toujours

La Suisse défie dimanche soir l’un des mythes du hockey. La Russie fait toujours saliver les amateurs, même si les clivages se sont estompés au fil du temps

«C’est peut-être la meilleure équipe de Russie que j’ai vue!» Il est des rencontres qui provoquent plus de papillons dans le ventre que d’autres. Aussi bien chez les joueurs – comme le défenseur de l’équipe de Suisse Yannick Weber – que chez les supporters. Le football a le Brésil, le rugby les All Blacks; en hockey, ce sont les noms du Canada et de la Russie qui alimentent les fantasmes. Deux visions longtemps divergentes d’un même sport. Un choc des cultures exacerbé par une tension politique entre deux blocs rivaux. La chute du Rideau de fer a fait bouger les plaques tectoniques, mais l’histoire se nourrit encore du bonheur de ces affrontements passés.

On a toujours opposé les philosophies de jeu canadienne et russe, l’efficacité du «dump & chase» (le puck balancé dans le fond de la zone défensive adverse) et des solides mises en échec des Canucks face aux arabesques chatoyantes des héros de la Sbornaja. La rationalité d’un jeu nord-sud au romantisme des dessins est-ouest.